HISTOIRE naturelle, L I y. II. 141
veille pour quiconque ne sait pas, par une expérience journalière ,que la feule herbe nommée héliotrope ( 5 ) regarde toujours le soleilquand il se couche, 6 c se tourne à tous les instants du jour vers cetastre , même lorsque des nuages lui en dérobent l'aspecì ; que leshuîtres 6 c autres testacées à conques 6 c à coquilles croissent oudiminuent selon le cours de la lune; que selon les recherches desplus diligents Observateurs , le nombre des fibres ou lobes dufoie des souris ( 6 ) , répond au quantieme de cette planète; &Cqu’elle influe jusques fur la fourmi, ce petit animalcule cessanttoujours son travail aux jours interlunaires. Enfin, ce qui con-damne le plus l’ignorance où quelques-uns font de cette, vertu,c’est qu’ils font contraints de reconnoître que les maladies qui sur-viennent aux yeux de plusieurs bêtes de somme, croissent 6c dé-croissent avec la lune. La preuve de cette influence dont nousparlons, est comme répandue dans toute cette vaste partie duciel supérieur, qui comprend soixante 6e douze signes. Ces signesconsistent en figures d’animaux , ou autres représentations quifervent aux Savants à diviser le ciel. 11s y ont observé mille sixcents étoiles ( 7 ), toutes remarquables parleurs effets comme parleur apparence. Telles font, par exemple, dans la queue du Tau-
l’usage de l’employer en Pharmacienoirs vient de. Toscane.
( 6 ) Pline répété la même chose liv.11. ch. j 7. & Uvre 2.9. ch. 4. Elien endit autant dans son Histoire des Ani-maux,ch. 5 6;&Plutarque,dans ses Pro-pos deTable,liv. 4,quest. 5 ,attribuecette propriété au mygale qui est notremusaraigne ou muser, sorte de sourisd’une extrême petitesse dont le vulgai-re ignorant croit que la morsure estvenimeuse , Lc peut endommager leschevaux : ce que nos Naturalistes con-testent fortement. II n.e paroît pas nonplus qu ils acquiescent davantage aupréjugé que Pline voudroit établir ici
à l’égard de la croistance & de la dé-croissance des lobes du foie des sourisselon l’âge de la lune. Mais í'influencede cètte planète fur la maigreur ou laplénitude des divers coquillages trou-ve enCore des défenseurs.
(7) jîelon Képler, on découvre, à lavue simple dans notre seul hémis-phère, 1392 étoiles. M. l’Abbé de laCáille, à l’aide du télescope, a faitun catalogue de plus de 9800 étoiles,comprises entre le pôle austral & letropique du Capricorne. La voie lac-tée n'est, selon les meilleurs Physi-ciens, qu’un assemblage innombrabled’étoiles.