HISTOIRE naturelle, LIV. II. 199
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lui soit encore contraire au-delà même du trépas, & que la Terre^appesantisse ( 1 ) fur íà tête ; comme si nous ignorions qu’elle estla feule divinité cjui ne fe courrouce jamais contre l’homme ? L’cauíe convertit en pluies nuisibles, ou fe durcit, en grêle v ou s’ensieen vagues, ou íe précipite en torrents : l’air íe condense en nuées,ou fe déchaîne en tempêtes : mais celle-ci, toujours bienfaisante,toujours propice, toujours indulgente, toujours l’esclave de nosBesoins, que ne produit-elle point par force ?" que ne prodigue-t-elie point de gré ? Que d’odeurs, de faveurs, de touchers, decouleurs! avec quelle bonne- foi ne remplit-elle pas les conditionsusuraires-auxquelles nous lui prêtons?'Que d’eípeces diíFérenteáne nourrit-elle point pour l’usage de l’homme ; car pour ce quiest des animaux venimeux, la Terre est contrainte, malgré elle ,de les recevoir, 8c de leur donner l’aliment, puifqu’elle fe doit,fans distinction, à tout ce qui est né. Mais la faute de tout maiest fans doute à celui qui le produit; 8c l’inconvénient en ques-tion prend fa source dans ce souffle de vie universellement répandu „je veux dire dans l’air, qui, par un vice inhérent à fa nature,donne l’être à plusieurs efpeces malfaisantes.
La Terre, du moins, 11 e reçoit plus dans son sein un serpentqui a une fois blessé l’homme, prenant ainsi le foin elle-même devenger ceux qui n’oferoient le faire. C’est elle qui produit enabondance tontes les herbes-que la Médecine emploie au traite-ment de nos maux. C’est elle en un mot dont la fécondité pourl’homme est infatigable en tout genre. Que dis-je ? il est à croireque c’est par un tendre intérêt pour nous, qu’elle a produit lesdivers poisons. Elle a craint que, fatigués de vivrenous n'eussionsrecours à la privation des aliments ( la faim étant une mort atroce8c directement opposée au caractère prodigue & bienfaisant decette bonne mere ), ou que nous ne fussions réduits à nous déchi-rer en pieces, en nous précipitant du haut d’une roche escarpée ,,©u à nous procurer un supplice douloureux , en arrêtant forcé-ment au passage, par le moyen d’un lacet, ce souffle vital quìIutte long-Uîïij contre cette dure gêne, & s’cssorce encore è'