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HISTOIRE NATURELLE, L I y. n.
d’Auguste de divine mémoire , ils ont nommée Je trône de Cé-sar (3). La convexité de la terre produit donc de proche en pro-che une hauteur considérable, Sc dont la progression est telle ,que le toile Canope qui s eleve (4) à Alexandrie d’environ septdégrés ôe demi fur Thorison , semble être à fleur de terre, & à lanaissance même de l’horison , étant vue de 1 iile de Rhode ( 5 ) ;dans le Pont on ne la volt point du tout. Au contraire les septétoiles du Chariot y font toujours fort élevées, tandis que ce mê-me Chariot est déja perdu de vue pour Rhode , & à plus forte rai-son pour l’Egypte : en Arabie, au mois de Novembre , il est cachépendant toute la premiere veille, & fe montre à la seconde (6):à Meroë, au tems du solstice d’été, il fe montre quelque peu furle soir, &. pareillement il fe laisse voir, même le soleil étant furrhorifon, pendant quelques jours qui précédent le lever de ì’é-toilé que nous nommons Arcîure. . ;
Ces effets font fur-tout sensibles à ceux qui navigent. ïîs fonttentés de croire que l’eau est plus élevée dans certains endroits ,& plus basse dans d’autres, lorfqu’ils viennent à appercevoir su-bitement certains astres, comme si ces corps lumineux fortoient àl’instant même de la mer, ou comme si l’épaisseur de quelquesmonticules les avoit dérobés jufqu’alors à la vue : car il ne fautpas croire, ce que quelques-uns ont avancé , que cet hémisphèreoù nous sommes , ait réellement son pôle plus élevé (7) que ne
dessus & l’autrc au-dessous, & tantôtcomme plus élevés I un & faune que:1e reste de la convexité du globe. Lepremier sentiment étoit celui de touteî’antiquité :
Mundus ut ad Scythiam Riphœasque arduus arcesConsurgit j premitur Lybiae devexus in aufitos !
Líic vertex nobis femper fubiirms, at iilum;Sub pedibus Styx atra videt manesque profundi.
Virg* Georg. l> 1 .
Eminet, &c.
Pars ejus ad arctos,
l&CUlilÍKS j I. I.
Tom. /»
Ce langage n’étoit point particulieraux Poètes. Vitruve s’exprime commeeux, livre 9, ch. 4. Nous voyons chezPlutarque que Leucippe & Democritecroient auffi de ce sentiment. Ce der-nier en donnoit une raison physiquequi ne me paroît pas à mépriser. L’axede la terre panche du nord au midi,parceque, disoit-il, le nord est commedesséché & sterile par un froid perpé-tuel j au lieu que tous les sucs cle laterre en se portant de préférence vers
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