HISTOIRE NATURELLE, L IV. II. 2.6)
guerre Punique (3) ; puisque selon les avis qui en vinrent à Rome,-la terre trembla cmquante-scpt fois dans une meme année , quisarcelle ou les Romains & les Carthaginoisen étant venus auxmains au lac de Trasimene (4), combattirent avec tant d’achar-n ement , que ni les uns ni les autres ne s’apperçurent (5) de Jaterrible seconde qu’il y eut alors. Le niai de ces evenements nc íeborne pas à l'accident même èc au péril momentane ; les désas-tres qu'ils présagent, égalent ou surpaííent même ceux du trem-blement. Jamais la terre n’a tremblé à Rome, que ce ne fut unpronostic certain de quelque événement fâcheux.
De certains lieux oiì la mer seft retirée.■
L’ apparition des nouvelles terres ( 1 ) n’a pas d' autre causeque ces mêmes tremblements : car elles font Touvrage du soulè-vement qu’a produit dans le fol íe souffle fouterrein qui n’a pu sefaire jour au travers. Je conviens qu’il sc forme de nouvellesterres par le dépôt journalier des fleuves , témoin les Ifles Echi-nades (z) qui font un amas des parties terrestres que l’Achéloiisa déposées ; c’est auífi de cette maniéré que s’est élevée la majeurepartie de l’Egypte depuis le Nil jufqu’à la mer, puisque s’il enfaut croire Homere (5.), i’Iste de Pharos étoit autrefois séparée de
cite par Strabon , 1 . i. & 1 . io. Je par-lerai de ces iíles en leur lieu, auffibien que du fleuve Achéloiis , du portcl’ Ambracie , &c.
( 3 ) Voici ce fameux passage d 'Ho-mere que ie traduis fidellement enVers Latins :
jTgypti ante oram . posito Pbarus infula surgit
Iii magno ; tetras scd tantum dividit ambas .
Línda , dic totâ quantam felicibus auris :
Occani partem poterit vicifle carina.
Ce furent ces mêmes vers de 1 ? Odys-sée qui donnerent naissance à la villed Alexandrie : car on. raconte qu’Ale-xandre-étant en peine où-il bâtiroit
une Ville , crut voir en songe un res-pectable vieillard qui lui récitoir lesVers en question. Voyons le reste dansPlutarque t -, Frappé de ce songe, Ale-,, xandre auffi-tôt qu’il fut levé, s’en» alla à Phares, qui étoit encore alors-, une iíle un peu au-dessus de l’em--, bouchure de Canope. Maintenant„ elle est jointe à la terre ferme par sc» levée qu’on y' a faite. Quand Ale--, xandre eût vu ce lieu merveilleux» pour son assiette ( car cette iíle est:,, une langue de terre dune largeur„ proportionnée' à: sa. longueur , ia-„ quelle séparant un grand marais