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Tome premier.
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histoire naturelle, LIV. II. 2.69

Des terres séparées par une irruption de la mer.

En face de l’Italíe, parmi les iíles Eolienes, tout à côté dcla Crète, il est sorti une iíle semblable, de deux mille cinq centspas(i), dans laquelle se trouvent des sources chaudes: mais celan’est point arrivé de notre tems. On en a vu une autre sortir pa-reillement du golfe de Toscane la troisième année de la cent soi-xante-troisieme olympiade (2) : son émersion fut accompagnéede grands vents & de flammes. On raconte qu’il y avoit unegrande quantité de poissons autour de cette iíle, & que tous ceuxqui en mangèrent moururent sur-le-champ : que c'est de cettemême façon que les iíles Pithécuses (3) ont pris naissance dans legolfe de Naples, & qu’il y avoit dans Tune d’elles une montagnenommée Epopus (4), qui, étant venue à jetter des flammes,s’aíEaiíîa, &c descendit au niveau des plaines qui étoient au-des-fous : que dans cette même iíle une ville fut engloutie par la mer-que dans un autre tremblement on vit tout-à-coup paróître unétang (5), & se former l’iíîe de Prochyte des débris amoncelésdes montagnes, qui, dans cette occasion, furent chassées horsde leur aíììettc (6), & allerçntrouier bien loin de-là dans la mer.C’est souvent ainsi que la Nature a fait de nouvelles iíles ,qu elle a arraché la Sicile à i’Itaîic, Chypre à la Syrie, l’Eubée (7)

par les débris accumulés des monta-gnes qui se sont détachées de l’iste. LePere Hardouin, pour donner plus decrédit à fa conjecture, soutient mêmeque i’étang en question n’est autre queLago-Agnano. Mais cette seconde as-sertion me patoît plus hazardée que npremiere.

(6) Je lis al'io avec un accent, fai-sant de ce mot dn adverbe de lieu in-défini & avec.mouvement \ lequel ad-verbe répond a notre mot ailleurs. Carje ne pense pas que ce mot alio signifie

ici altero motu , précisément pareéquealtero motu se trouve déjà dans laphrase précédente. Aliòfert donc évi-demment ici à exprimer le local dufait, & à faire voir que les débris désmontagnes qui altèrent former dansla mer Piste Prochyte , etoient, dans1’origme , une dépendance des istesPithécuses. En effet, c’est ce que dîtformellement Stiabon , livre $. infulaP rock i te Pithecusarum pars avulj a.

(7) Pline répete la même chose d©l’Eubée f. A, ch. 12-.