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Tome premier.
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HISTOIRE NATURELLE, Liy. II. 317

d’Astacene, ville des Parthes, à un certain fluide qu’on prendroitpour un bitume coulant. Cette matière a une affinité singulièreavec le feu ; au point que du moment qu’on les met en présence,la flamme s’élance aussitôt fur celle-ci, &s’attache à elle de toutesparts. C est ainsi, dit-on, que Médée brûla Créufe, fa rivale, parle moyen d’un couronne ( 6 ) enduite de naphthe, &í à laquelle lefeu prit quand cette Princesse s’approcha de la flamme qui brû-loir fur l’autel où elle venoit sacrifier.

JDe certains lieux qui brûlent fans ce fi.

Le feu ne produit pas de moindres merveilles dans les monta-gnes ; nous mettrons de ce nombre le phénomène du mont y£tna,qui brûle régulièrement toutes les nuits, fans que depuis tant desiécles la matière de ce grand embrasement s’épuisc ; cependantce même AEtna nous montre des neiges à son sommet pendantl’hiver, & voit périodiquement couvrir de frimats les torrents decendres qu’il a jettées hors de son sein. Mais ce n’est pas la feulemontagne , où la nature courroucée, semble nous menacer d’unincendie (1) du globe. La Chimere (2), montagne de la contréePhaselide (3) en Lycie, jette des flammes fans difeontinuation lejour & la nuit. Le feu de cette montagne s’irnte par l’eau qu’ony verse , mais s’éteint si l’on y étend de la terre ou du foin , selonCtesias de Gnide (4). Dans cette même Lycie, les monts Hé-phestiens (5) prennent flamme à l’approche d’une torche allumée ,

arrivé au rems du déluge de Deuca-lion, ce qui les jettoit dans l’atrentecontinuelle du renouvellement par lefeu. Seneque est par-tout rempli decerte idée funeste. Voyez fa consola-tion à Marcie & le livre 3 des ques-tions naturelles, chao. 7. Voyez auffiCicéron, livre z, de la nature desdieux. Ovide, livre 1 Métam. LucainPhats. livre 7. Seneque le tragique,vers 3 86 de 1 Octavie. Epictete citépar Elien & une infinité d’autres,

& Pline lui-même,ch. 107 de ce se-cond livre , & livre 7, ch. 1 6 ..

(2) C’est ce qui a donné naiíïânce àla fable de la chimere.

(3) La plus ancienne leçon connueselon le Pere Hardouin est in Phaseli-tis j c’est-à-dire chez les Phasehtes,ce qui bailleurs revient au même pourle sens , que la leçon in Phaselide.

( 4 ) Voyez les notes fur le premierlivre au mot Ctéfias,

(5 j Les monts voisins $Hephajïíum.