5 44 ' Remarques de M. Bouguer
tardissime. On ne peut pas rectifier cetendroit du texte avec la même facilitéque le précédent. II peut se faire queVénus & Mercure se couchent le soirpeu de te m s après le soleil, & que leurvitesse apparente soit plus ou moinsgrande, parceque ces planetes peu-vent être en - delà ou en - deçà du so-leil ; elles peuvent décrire la partiesupérieure ou la partie inférieure deleur orbite par rapport à nous, ce quiest cause que leur mouvement se faitvers le même côté que le nôtre, ouvers le côté opposé. Si elles décriventeffectivement la partie supérieure deleur orbite, elles vont d’un côté duciel pendant que nous allons de l’au-tre, & leur vitesse apparente doit enetre augmentée. Si au contraire ellesfont en - deçà du soleil, íì elles par-courent la partie inférieure de leurorbite, nous allons alors effectivementdans le même sens qu’elles ; elles doi-vent donc nous paraître aller moinsvite, & même rétrograder. Enfin ildoit 7 avoir dans le passage de l’un àl’autre quelque partie qui ne tient nide la direction, ni de la rétrograda-tion , ou qui tenant également desdeux, doit rendre les deux planetesstationnasses.
Page 90 , Chap. XVII. SécrétaiVa-turœ j legesque quibus ipsaserviat. Pres-que tout ce que contient ce chapitrea été tiré de mauvais mémoires oud’observations vagues Sc équivoques.On peut s’en convaincre aisément encomparant ce que Pline va dire avecl’explication qu’on trouve dans nosLivres modernes des directions, sta-tions & rétrogradations des planetes.11 n’a certainement pas examiné com-bien de combinaisons particulièrespouvoient recevoir les phénomènesdont il s’agit.
Page 92, Chap. XVIII. Colores ra-tio altitudinum temperat. Il faut attri-
buer à notre atmosphère, qui n’estpasparfaitement transparente, la couleurrouge que prennent tous les astres quifont proche de l’horison. Il ne faut pascroire qu une planète puisse passer deson ciel dans le ciel d’une autre. L’in-tervalle qui les sépare est trop grand ;elles changent un peu leur distanceau centre de leur révolution ou ausoleil ; mais la différence qu’on nom-me Fexcentricité, Sc qui n’est que d’en-viron une dixieme partie à l’égard deJupiter, par exemple, n’empêche pasque cette planète ne soit toujoursbeaucoup air-dessous de Saturne quiest suspendue à une distance du soleilenviron double de celle de Jupiter. Ilne faut donc pas considérer les hau-teurs dans ce sens pour trouver la dif-férence des couleurs. Mais toutes lesfois que les planetes font voisines del’horison leur lumière a beaucoup plusde chemin à faire dans l’air graisserqui nous environne avant que de par-venir jusqu à nous. Leurs rayons ram-pent, pour ainsi dire, fur la surfacede la terre ; & dans ce trajet les rayonsrouges font ceux qui font le moins su-jets à être interceptés, ils ont plus deforce & ils percent pendant que lesautres rayons font amortis ou réflé-chis , principalement ceux qui trans-mettent la couleur bleue. Voilà pour-quoi la lumière de toutes les planetesdevient rouge proche de l’horison.
Page 94, Chap. XVIII. Suus qui-dem cuique color es. Les planetes étantdégagées des vapeurs de l’horison ontdes couleurs différentes. Aulss savon s-nous qu’elles ne font pas parfaitementhomogènes. Le soleil est, selon toutesles apparences, une matière en fusionqui est rouge à cause du feu qui lapénétre. Mars n’est pas lumineuxpar lui - même ; mais il est rouge, aulieu que Saturne nous paraît blanc.Rien en cela ne doit nous étonner.
Combien