sur le second livre de Pline. - 375
ne peut gueres douter qu’il n’y ait desmines de sel dans le fond de l’océan.Ce sel se diísoud Sc se joint à celuiqu’apportent auíli à la mer différentesrivières & ruisseaux : mais tous cessels tenus en dissolution , rendent leseaux de la mer plus pesantes 3 Sc parles loix de l’hydrostatique, celles qùipèsent le plus , doivent se placer audessous des autres. On a fait quel-quefois descendre dans la mer desbouteilles jusqu’à une grande profon-deur , l’èau s’est filtrée au travers dubouchon de liege ; mais on l’a trouvéensuite auflì salée que seau prise à lasurface , Sc ce qui est bien certain , elleétoit aussi pesante ou plus pesante.Les Académiciens qui alloient au Pé-rou en 1735 , pour déterminer la fi-gure de la terre, répétèrent cette ex-périence. L’eau dût entrer une foistout-à-coup dans leur bouteille : carelle y enfonça le bouchon , en le fai-sant passer par le goulot, comme parune nliere. ils retirerent la bouteille,& ils la trouvèrent pleine d’une eautrès salée , très amere, Sc plus pesanteque celle d’en haut. Inexpérience n’au-roit peut-être pas le même succès pro-che des côtes à cause des sources d’eaudouce qui peuvent se trouver dans lefond, Sc qui doivent y diminuer fa-îne r tume de la mer.
Page 298, Chap. CI. Quod ferarumoccisa corpora in tabem luna visu suoresolvat. On pe ut nier , fans courrirrisque de se tromper , toutes les pro-priétés que Pline attribue ici à la lune.Si nous laissons à part le phénomènedu flux & reflux de la mer auquel lesoleil contribue un peu , tous les au-tres effets qu’on peut attribuer à cetastre , sont produits par fa chaleur 3mais la lune n a point de chaleur sen-sible , sa lumière qui est environ troiscents mille fois moindre que celle dusoleil, n’excite pas le moindre dégté
de chaleur sensible, lorsqu’on la réuhit au foyer des miroirs brulans lesplus forts. Ainsi elle ne doit pointfondre la glace 3 ses rayons font tropfoibles pour étourdir la tête de per-sonne , pour hâter la corruption deschairs des animaux morts, Sec.
Page 298 , Chap. CIL Altijsmummare. Nos Navigateurs ne sondent lamer que pour savoir s’ils font loin deterre, Sc pont assurer leur navigation.Ils ne font gueres descendre leurplomb de plus de deux cents brasses,Sc je ne crois pas qu’on ait jamais son-dé au-delà de cinq cents brasses ou dequatre stades. Tant qu’on a regardé1’ Averne comme une des descentesde l’Enfer, on a dû le croire fans fond ;mais le fameux Antoine Doria l’ayantfondé, trouva que fa profondeur n’é-toit que de deux cents trente - huitpas.
Page 302, Chap. CIII. Sicut Are-thusa f bns Syracusanus. Strabon a re-gardé comme une fable tout ce qu’ona dit de la communication de l’Alphéeavec la fontaine d’Aréthuse & la ri-vière d’Ortygie. II se moque de l’his-toire de la coupe perdue en Arcadie ,Sc retrouvée en Sicile } sur laquelle onfondoit cette prétendue communica-tion. On connoit plusieurs rivièresqui font fous terre une partie de leurcours 3 mais malgré cela, on ne peutpas dire qu’il y en ait qui passe par des-sous la mer , d’un pays à un autre trèséloigné.
Page 302 , Chap. CIII. Nihil inAsphaltide Jude a lacu j qui bitumengignit j mergi potes. La pesanteurspécifique de la plupart des animauxne dissere guere de celle de l’eau 3ainsi il n’est pas absolument impossibleque les hommes plongés dans un lacdont les eaux font rendues plus pe-santes par les matières étrangères quiy font dissoutes , ne reviennent à la