sur le second livre de Pline. 399
deLoybin, & que les oiseaux de proiemangèrent cette-chair. Les autres Au-teurs ont enchérit fur ceux-ci ; ils n’ontpas craint de dire qu’il a plu des che-nilles, des grenouilles, des poiílons,& peu s’en faut que Gobé n’ait ditqu’une femme qui lavoir du linge au-près d’un ruisseau, qui fut enlevée &transportée au loin-, ne fùt tombée des-tinées , peu s’en faut encore qu’Avi-cenne & plusieurs autres après luin’aient dit qu’un veau qui avoir étéégalement enlevé ne vînt du mêmeendroit, on ne foutiendrdit même pasqu’ils ne l’euísent fait & qu ils n’eus-íent même cru qu’il y avoir pris nais-sance , puisque Schot quittant son tonbadin, dit assez gravement qu’il necroit pas qu’il y ait été engendré,mais qu’il a pu être enlevé par, le vent,& tomber ensuite avec la pluie. Si ceque l’on dit de 1 aigle est vrai qu’il en-lève de forts moutons jusques dans lesairs, qu’il les laisse enluite tomber
f our les tuer & les manger à son aise,on n’aura pas besoin d’avoir recoursà ce vent, du moins pont le fait duveau. Cette explication ne íouffiiroitpas grande difficulté si cela fùt-arrivéen Amérique , puisque l’on sait quec’est une badinene pour un condor qued’emparrer de tels animaux & de s’é-lever dans les airs en les tenant dansses serres. L’on vo'it tous les jours ceseffets du condor dans ce pays : les Ber-gers le craignent autant pour leurstroupeaux que les nôtres appréhendentles loups pour ceux qu ils gardent.Inexpérience se répete trop souventen Amérique pour que l’on y penseque ces animaux tombent des nuées,& encore moins qu’ils peuvent y errenés. On iie croiroit pas plus que celafut arrivé à une femme, puiíqu’on pré-tend que le condor peut enlever unpoids à peu-près semblable. M. dé laCondamine réunit dans le passage sui-
vant tiré d’un de ses Mémoires tousces faits. >’ Le fameux oiseau appelle» au Pérou contur } & par corruption» condor j que j’ai vu, dit M. cíe la53 Condamine , en plusieurs endroitsj? des montagnes de la province de33 Quito, fe trouve aussi, si ce qn’on33 m’a- assuré est vrai,dans les pays bas33 des bords du Mata i on. C’est le plus33 grand des oiseaux qui s’élevent dans33 l’air • il enlevs communément un33 agneau avec ses serres, même un33 chevreuil,à ce qu’on prétend, & il33 a quelquefois fait fa proie d’un en-33 fan t. Len ai vu planer au delíus d’un33 troupeau de moutons, & les Bergers33 crier pour l’effrayer & l’empêcher de33 rien entreprendre. Les Indiens lui33 tendent différentes sortes de piégés.33 cLe plus ingénieux, s’íl est vrai, con-33 siste à lui présenter pour appât une33 figure d’enfant d’une argílle trés vif-33 queufe, fur laquelle il fond d’un33 vol rapide, & y engage ses serres de33 maniéré qu’il ne lui est plus possible33 de s’en dépêtrer >3. Le condor ne fevoir pas en Europe, & l’aigle ne paroîtpas devoir être de force égale avec lecondor j ainsi, ou il faut croire avecles Auteurs cités ci-dessus que ces en-lèvements ont été faits par le vent, ouil les faut rej errer, 011 au moins lesregarder comme très douteux.
L’explication que l’on donne despluies de grenouilles & de poissonsemporte avec elle une entiere convic-tion. C’est encore aux Naturalistes lesplus modernes à qui on la doit. dElian,Athénée, Jonston, Scaíiger, Fromond,Fallope & plusieurs autres assurentavoii vu tomber du ciel ces animauxdans un rems de pluie. >3 N’avons-nous33 pas vu de nos propres yeux, cl 11 Sca-33 liger, pleuvoir des grenouilles. Ceux>3 qui soutiennent quelles font pom-33 pées des marais par les nuées n’ontj» pas ete témoins de ce que nous avons