HISTOIRE NATURELLE, LIV. XV. 317
coing , &C la couleur rouge. Mais asm qu’on ne s'imagine pas quela célébrité de ces différentes pommes n’est due qu’à l’extractionnoble de leurs inventeurs, j’obíerverai qu’il y a auíli des pommesSceptiennes (n), qui doivent ce nom à l’astranchi Sceptius ; ellesfont remarquables par leur rondeur. Caton fait auíli mention despommes Quiriennes (n), ainsi que des Scantiennes ( r z) ; S -5 ilveut qu’on garde ces dernieres dans des vaist'eaux de terre. Lespommes Petiíiennes (14), qui font d’un très bon goût, mais tou-tes petites , ont été reçues depuis fort peu de tems en Italie.Les pommes Amérines (ij) &: les pommes Grécules (16) ontrendu célébrés les territoires qui les produisent. Les autres ontpris leurs noms de différentes causes ; par exemple, les pommesjumelles, de ce quelles viennent toujours doubles & attachéesensemble ; les pommes lyriques (17) ou rouges, de leur couleur;les pommes-poires (18) , de leur ressemblance avec ce dernierfruit; les pommes hâtives (19), de ce quelles mûrissent promp-tement ( on les appelle à présent pommes de miel (10), parce-
ron fait mention, Lett. Famil. liv. 7 ;ou bien il faut entendre par les pom-mes Grécules , les pommes de la gran-de Grece, c’est-à-dire de cette partiede l’Italie où est située Tarente, com-me Pline le donnera à entendre unpeu plus loin. Quoi qu’il en soit, il estévident qu’il n’est point ici questiondes pommes de la Grece propre j car ilseroit ridicule de dire que la Grecepropre , fameuse & éternellement cé-lébré à tant d’autres égards, a reçu facélébrité de ses pommes.
(17) Ce font nos pommes de cale-ville rouges, selon le Pere Hardouin.Je lis, avec lui, au texte , fyrica &non pas ferica. Sur quoi, voyez lanote 5.
(18) Mel’apion est un mot Grec mix-te, qui désigne un fruit moitié pomme
ôc moitié poire, qui tient de la natureou du goût de l’un & l’autre fruit j ceque Budé a rendu par le mot Latinpirimalum ; en Allemand, apffelbíe -rcn en Flamand, appel-peeren , &c.Adrien Junius observe qu’à Rome cesfortes de pommes se nomment aujour-d’hui même melappie .
(19) Elles font appellées mala meli-mela parColumelle , ibid. & par Mar-tial , liv. 1 , Epigr. 44V
Dulcibus auc certant qu* melimela favis.
Varron , de re ruft. liv. 1 , chap. 5 9,ainsi que Macrobe, ibid. leur donnele nom de mustea , comme fait Pline.
(10) Voyez le vers de Martial citénote précédente.