Band 
Tome cinquieme.
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, L I V. XV. 32.9

peut-on. se flatter d’imaginer par-delà ? Du moins il est certain quedepuis long-tems l’industrie humaine n a pu réussir à produire unnouveau fruit. Au reste, la religion ne permet pas de greffer in-différemment toutes fortes d’arbres les uns fur les autres ; commeaussi elle ne permet point d’enter aucun arbre fur l’épine, parce-qu’alors il ne feroit pas facile d’en détourner la foudre (35s), Scque dans un seul coup il y auroit alors, selon les Devins, autantde sortes de foudres que d’arbres ainsi entés.

Les poires font ordinairement terminées en pointe (36). Les poirestardives (37) demeurent fur l’arbre jusqu a l’hiver, Sc mûrissent àla gelée ; telles font les poires Grecques, les poires ampullacées,les poires de laurier : il en est de même des pommes Amérines ôc desScandiennes. On accommode (38) les poires damant de diffé-rentes maniérés que les raisins, Sc on les garde de même (37) :toutefois on ne les met pas dans des tonneaux. Cette dernierepratique, au contraire, a lieu pour les pruneaux. On tire despommes Sc des poires une efpece de vin que l’on n’interdit pasmoins aux malades que le vin proprement dit. On fait avec lesgrands Sc les petits coings, cuits dans seau Sc le vin, une efpecede marmelade qui est bonne à manger : mais on n’en fait pas avecles autres fortes de pommes ou de poires (40).

De la maniéré de conserver les fruits.

Voici quelques réglés générales fur la maniéré de conserverles fruits (1). 11 faut les mettre fur un plancher dans un lieu

pommes , faute dans laquelle font tom-bés Dupinet 8c M. Jault. Pomum > enLatin , est un mot collectif qui com-prend plusieurs genres, tels que les■coings, les figues, les pommes, lespoires, &c. Les mûres méme font ap-pellées poma par notre Auteur, cha-pitre 14 3 & les noix , par Ovide , li-vre de nuce 3 où il dit du noyer :

Annua cultori poma referre suo.

Tome V'.

Pline , au commencement du ch. l 8 ,dira exprelfément : E reliquo generepomorum ficus amplijjima est ; pastagequi, entre mille ancres , démontre lafaute que nous reprenons, & dans la-quelle nos Littérateurs tombent tousles jours. Dernièrement encore l’und’entre eux, homme de beaucoup d’é-loquence 8c d’efprit, 8c d’une érudi-tion rare, s’est servi très abusivement

Te