HISTOIRE NATURELLE, L I V. XV. 393
& à Rome, ceux qui entroient en triomphe ; que le laurier deChypre a la feuille courte, noire, crépue, & recoquillée parlesbords.
Depuis on mit au nombre des lauriers quelques autres arbres,comme le laurier-tin ( 6 ), que les uns prennent pour un lauriersauvage, & les autres pour un arbre d’un genre particulier : auílidiffere-t-il des autres lauriers par la couleur de ses baies, quifont bleues. On mit aussi au nombre des lauriers l’arbre qu onnomme laurier royal (7), & qu’on s’accoutume à nommer laurierAuguste. C’est un très grand arbre, à trcs grandes feuilles , &dont les baies ne font point âpres au goût. Quelques-uns pré-tendent que le laurier royal distere du laurier Auguste , & quec’est un genre à part, ayant les feuilles plus longues &: plus lar-ges. Les mêmes Auteurs, parlant d’un autre genre de laurier,appellent buccalia (8) le laurier commun, comme produisant unetrès grande quantité de baies. Ce qui m’étonne extrêmement,c’est qu’ils appellent triomphal le laurier stérile, soutenant qu’onl’employoit dans les triomphes. Mais pour ce qui regarde Au-guste , cet Empereur de divine mémoire fut le premier triom-phateur qui fe couronna d’un myrte venu du ciel ; événementque je ne tarderai pas à rapporter (9). Ce laurier est fort petit;il produit une feuille courte & frisée , & il est extrêmement rare.II y a une autre forte de laurier nommé taxa (10), comme quidiroit if femelle, & qui, en effet, est, comme les ifs, très pro-pre â être taillé en différentes figures. Celui-ci pouste du milieude fa feuille une autre petite feuille , ou plutôt un simple lam-beau. Le laurier appellé spadonien n’a point ce lambeau dont nousparlons ; il souffre parfaitement bien l’ombre , & profite extrême-ment dans le lieu même le plus ombragé.
II y a aussi le laurier nommé chamœdaphnê (ix) , qui est un•arbristeau sauvage. J’oubliois le laurier Alexandrin (iz), que quel-
(n) De la ville d’Alexandrie de Troade.
TomeF. Ddd