HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVI. p 2.9
penchoit sur l’aurel de la Déesse , étant tombé, se redressa de lui-même (a), & fleurit (3) tout desuite. Aussi depuis cette époque lama-jesté du peuple Romain, qui avoit été affoiblie par de grandes pertes,commença à se relever (4). On raconte que dans la ville de Phi-lippes (y) la même chose arriva à un saule qui étoit tombé &: avoitété ébranché, &, dans l’Académie de Stagire (6), à un peuplierblanc: & tout cela, ajoute-t-on, étoit d’un bon augure. Mais cequ il y a de plus surprenant, c’est ce qui arriva à un platane du ter-ritoire d’Antandros : cet arbre (7), quoiqu il eût été taillé par lescôtés avec la hache, ne laissa pas de reverdir &: de reprendre vie, aupoint de parvenir (8) à quinze coudées de hauteur fur quatre brassesde grosseur.
Les arbres que nous devons uniquement à la Nature , viennentde trois façons ; savoir, ou d'eux-mêmes (9), ou de graine, ou de ra-cine. Ceux que l’on cultive sont en plus grand nombre; Le nous enparlerons au livre suivants! o). Maintenant nous ne traitons que deceux que la Nature produit toute feule; en quoi certainement ellese montre admirable à plusieurs égards. Nous avons déja remarqué
barbre-mere, au moins tant qu’elles11’en font point entièrement détachées :& je ne vois pas qu’on soit plus fondéÀ dire qu’un arbre est fécond pour avoirpullulé par fa racine, qu’on ne le fe-roit à le regarder comme fécond pouravoir pouíïé une branche de plus. Cesnouveaux arbres font des extensionsdu premier ; mais je doute qu’on puisseles qualifier de nouveaux individus ,comme ceux qui font provenus de ger-mes détachés Sc isolés de l’arbre dontils émanent. Quoi qu’il en soit, Plineparle ici le langage des Anciens, Sc ilne fait au surplus que dire en quatremots ce que Virgile a exposé plus aulong, Sc avec toute la magnificencepoétique, dans ce beau passage des
Tome K.
Géorglques , livre 1 , vers 9 & sui-vants :
Principio arboribus varia est natura creandis.Namque alis , nullis hominum cogentibus, ipsa*5ponte suâ veniunt ; camposque & flumina lacéCurva tenent : utmolle siler, lent^que genista?,Populus, & glauci canentia fronde salicta.
Pars autem posito surgunt de semine, ut aksCastane®, nemorumque Jovi qua; maxima frondetEsculus, atque habits Graiis oracula quercus.Pullulat ab radice aliis densissima fylva ,
V: cerasis, ulmisque : etiam Parnassia laurusParva sub ingenti mattis se subjicit umbra.
Hos natura modos primum dedit : his genus omneSylvarum fruticumque viret,nemorumque sacrorum*Sunt alii quos ipse vii sibi repperit usus.
(10) Au liv. 17 , chap. 9 , où notreAuteur dira : Nunc de his arboribusXxx