HISTOIRE NATURELLE, LI V. XVI. 5 3 J
D u cyprès , & des productions que la terre donne d'elle-même>fans qu elles y aient été ni semées ni plantées.
Le cyprès (1) est un arbre étranger (z), & qu’on a eu unepeine infinie à faire croître en nos pays. Voilà pourquoi Catonen parle (3) plus au long & plus souvent que de tous les autresarbres. II vient difficilement (4)3 son fruit est inutile (5) ; sesbaies font déplaisantes à la vue (6) 3 fa feuille est amere, sonodeur violente (7), son ombre fâcheuse, son bois peu (8) ferré3& cet arbre, à cet égard, pourroit passer pour arbrisseau. II estconsacré à Pluton (9) : en conséquence on le met devant lesmaisons (10) où il y a un mort. Le cyprès femelle demeurelong-tems fans porter de fruit (11)3 toutefois on n’a pas laifléd’en faire cas, parcequ’il se jette en façon de pyramide (iz) ou
On lit aussi dans Ovide, Trijl. liv. 3 ,Eleg. x 3 :
Funeris ara mihi ferali cincta cupreilii.
Enfin le cyprès étoit l'accompagne-ment ordinaire des tombeaux 3 ce quifait dire au Poète Horace , livre z ,Ode 14:
Linquenda tellus , 8c domus, 8c placensUxor: neque harum quas colis arborum ,
Xe, prarter invisas cuprellos ,
Ulla brevem dominum sequetur.
(i i) Et le mâle n’en donne aucun,s’il en faut croire Pline, liv. 17, cha-ch. 1 o 3 & l’Auteur des G.éopaniques 3liv. 11 , chap. 6, p. 308. Mais M. Val-mont de Bomare rejette toutes ces as-sertions des Anciens. II observe que ladistinction de cyprès mâle & de cyprèsfemelle est fausse 3 que les fleurs mâles& les fleurs femelles du cyprès crois-
sent sur le même individu , mais furdifférentes parties du même arbre.
(12) Ce qui fait dire à Ovide , Mé-tam. liv. 3 :
Vallis erat piceis <te acutâ densa cuprefîu :
& à Virgile , Enéide 3 liv. 3 , v. 680 ;;
Metasimicata cupreílus.
Le Pere Hardouin s’est figuré que les;cyprès ont été nommés conifera cypa-rissi par Virgile, Enéide 3 liv. 3 ,v. 680,.par la raison, dit-il, que ces arbres-affectent, dans leur conformation , lafigure d’un cône. O est un des parado-xes de ce Savant. Le cyprès a pu rece-voir de Virgile l’épithete de coniferparceque ses fleurs femelles sortentd’un petit cône écailleux. Sur quoivoyez M. Valmont de Bomare, au mot;Cyprès ; tellement que la matrice deson fruit est un cône. Quant au fruit