L’HISTOIRE NATURELLE. 61
périence, et arriver enfin à la connoissance de toutes les véritésqui sont du ressort de l'esprit humain.
Lorsque les sujets sont trop compliqués pour qu’on puisse yappliquer avec avantage le calcul et les mesures, comme le sontpresque tous ceux de l’histoire naturelle et de la physique parti-culière , il me paroît que la vraie méthode de conduire son espritdans ces recherches , c’est d’avoir recours aux observations , deles rassembler, d’en faire de nouvelles, et en assez grand nombrepour nous assurer de la vérité des faits principaux, et de n’em-ployer la méthode mathématique que pour estimer les probabili-tés des conséquences qu’on peut tirer de ces laits ; surtout il fauttâcher de les généraliser et de bien distinguer ceux qui sont essen-tiels de ceux qui ne sont qn’accessoires au sujet que nous considé-rons; il faut ensuite les lier ensemble par les analogies , confirmerou détruire certains points équivoques par le moyen des expé-riences , former son plan d’explication sur la combinaison de tousces rapports, et les présenter dans l’ordre le plus naturel. Cetordre peut se prendre de deux façons : la première est de remon-ter des effets particuliers à des effets plus généraux, et l’autre dedescendre du général au particulier : toutes deux sont bonnes, etle choix de l’une ou de l’autre dépend plutôt du génie de l’auteurque delà nature des choses, qui toutes peuvent être égalementbien traitées par l’une ou l’autre de ces manières. Nous allons don-ner des essais de cette méthode dans les discours suivans, de laThéorie de la Terre , de la Formation des Planètes , et de laGénération des Animaux.