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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

disparu de la surface de la terre, etc’est la pioche à la main qu’on par-vient à en retrouver les vestiges. D’au-tres , dont il ne reste, et de leur puis-sance et de leur fortune, que quelquespans de murailles recouverts de lierreetdeplantes parasites, Cumes , Hercu-lanum, Pompeï sont là pour émou-voir votre âme, et donner carrière àvotre imagination. Hélas! un sort pa-reil est réservé peut-être aux nationsqui foulent aujourd’hui le sol de l’Eu-rope !

Nous touchons à Monte-Circello ,promontoire élevé, à l’extrémité desmarais Pontins . Les lacunes dont il estenvironné peuvent aisément le faireprendre pour une île : c’est ce qui auradonné lieu à la fiction de Virgile ; et,d’après lui, à l’erreur d’autres auteursqui ont voulu y reconnaître la fameuseîle de Circé .

Ici finissent les plages romaines,has-fonds redoutés des navigateurs, etoù la lame trop courte dans les grostemps donne aux navires des ressacsqui les fatiguent. Cette raison est unede celles qui ont fait abandonner toutce littoral. Les bateaux plats des an-ciens y manœuvraient à l’aise ; maisnos bâtimens modernes, avec leursquilles tranchantes, y seraient expo-sés à de trop grands dangers.

Ce raisonnement termina une con-versation assez longue entre Édouardet moi, et dans laquelle nous avions ,après bien des points débattus , cher-ché à examiner si, à l’aide de bonneslois, et profitant de la position de Ci-vità-Vecchia, on ne pourrait pas yfaire prospérer le commerce, en faisantde cette ville un entrepôt général;mais ce plan offrirait des difficultésinsurmontables. Cività-Vcccliia, PortoErcole et autres ne peuvent'être quedes ports de sauvetage, un refuge

contre la tempête pour les bâtimensmarchands.

Nous parlions encore quand un inci-dent ramena mon attention sur le na-vire.

L’on avait amenéle pavillon en signede salut. Capitaine et matelots, touss’agenouillaient sur le pont, en se si-gnant, le regard fixé sur le sommetd’une colline qui se dessine en festons.Le moment était peu favorable auxquestions ; comme étranger, Edouardne pouvait m’être d’aucun secours;ma curiosité était trop excitée pourm’arrêter à de vaines considérations,et je pris le parti de m’adresser à ungros moine, véritable type du couvent,qui s’était déjà montré obligeant etjoyeux compagnon. De la meilleuregrâce du monde il voulut bien medonner tous les détails que je désirais.

— « C’est l’église de là Trinité quel’équipage vient de saluer avec tant devénération, vous l’apercevez sur ce ro-cher. Elle est hors de la ville de Gaëte ,bâtie à l’est, sur le versant de cettemontagne. Le jour de la mort deN.S.,ce rocher se fendit en trois parties, enl’honneur de la Sainte - Trinité ; ungros bloc tombé dans sa principalefente, s’y arrêta et servit de base à unechapelle du Crucifix, fort petite à lavérité, mais fort élevée, sous laquellevient se briser la mer. Cette chapelle ,des plus anciennes, fut rebâtie en 1 5i4,par Pierre Lusiano de Gaëte. Elle estle seul exemple, même dans ce paysde merveilles, d’une construction aussihardie, et dans une situation aussiétonnante. Pour la préserver d’être en-gloutie dans l’abîme sur lequel elle estsuspendue , on l’a assujettie par defortes chaînes en fer qui la retiennent,mais ne l’empêchent pas d’être balan-cée par la vague.

» Elle est en grande vénération dans