tout le royaume, et les fidèles y accou-rent de toutes parts, chargés de richesoffrandes.
» L’on vous montre sur une des pa-rois de la grotte l’empreinte d’une main;celle d’un Turc qui avait blasphémé enla frappant. Sa main y resta attachée,jusqu’à ce qu’il eût abjuré; converti àla foi chrétienne, elle lui fut rendue ,mais l’empreinte en est restée pouréterniser le miracle.
» On y lit un distique latin qui lerappelle et l’explique. »
Improba mens verum renuit quodfama fatetur
Crcdcrc , at hoc , digitis , saxa Hquata probant.
« Cette Cime impie nie la vérité d’un fait quela renommée confesse, mais le rocher ramollil’atteste par une empreinte miraculeuse. »
Nous commencions à distinguerGaëte . Le spectacle majestueux dugolfe fournit au moine matière à dé-ployer son érudition.
— «Voyez àcôté depauvres maisonsblanches, ces ruines imposantes deconstructions romaines. Là est cetteFormianum, lieu de retraite de Cicé-ron , où venaient se délasser quelque-fois Scipion et Lélius : à un mille etdemi dans les terres, l’on vous mon-trera un sarcophage, qui marqueraitla place où fut assassiné Cicéron , lors-qu’il allait chercher à Rome un refugecontre les fureurs d’Antoine. Ces tempsvirent aussi leurs jours de proscrip-tions !
» Le fort de Gaëte , dont les fonda-tions furent jetées par Antonin lePieux , est en demi-cercle, ouvertseulement du côté de l’est, et revêtude beaux quais garnis d’artillerie, avecquelques ouvrages avancés dans la mer.Ce fort, au-dessus de la ville, fut con-struit sous Frédéric II et Alphonsed’Arragon ,, et augmenté par Ferdi-nand et Charles-Quint , leurs succes-
seurs. Ce dernier, en 'entourant Gaëte de fortes murailles, la rendit une desclés du royaume. Ulafortifia tellement,que jusqu’en 1807 elle fut regardéecomme inexpugnable du côté de laterre. A celle époque elle fut prisepar les Français , commandés par Mas-séna.
» Un autre siège, soutenu en 181 5contre les Anglais et les Autrichiensréunis, en a fait un monceau de ruines.
» L’on a conservé dans une des cham-bres du château les restes du conné-table deBourboD, tué au siège de Rome en 1028. Jusqu’à ce que, en 1757, Fer-dinand I ' r . les ait fait ensevelir avectoute la pompe due à un prince de samaison.
y Le clocher de la cathédrale, dédiéeà Saint-Erasme, continua le moine, estremarquable par sa hauteur et par sonélégante construction. La ville le doità Frédéric Barberousse . On conservedans cette église l’étendard donné parle pape PieV, à D. Juan d’Autriche , etun superbe tableau de Paul Véronèse ;elle renferme en outre une des colonnesdu temple de Salomon, et autrefois ony voyait un baptistère en marbre de Pa-ros, sur lequel est sculpté Bacclius queMercure remet, au moment de sa nais-sance , entre les bras d’Ino. Ce bas-reliefde Salpion l’athénien a été depuis peutransporté dans le musée de Naples ,où il est sous le nom de Tazza diGaeta.
» A côté d’une des petites portes estun groupe antique fort bien composé.La figure principale est un vieillardqui pose le pied sur un chien couchéen partie sur une tête de mort. Unserpent se tortille autour delà jambeet du corps du vieillard, et a la têteposée sur la sienne qui est surmontéed’un aigle. Ce groupe emblématiquereprésente la vieillesse, qui, malgré là