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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

vigilance et la pénétration des méde-cins, ne peut reculer le terme de lamort.

» Gaëte était autrefois indépendantesous la domination de ses ducs, familleancienne et puissante, qui a fourni àJ’église le fameux cardinal Cajétan ,Roniface VIII. Elle fut réunie auroyaume de Naples , et ses princes re-çurent en échange des terres dans l’in-térieur.

» Remarquez qu’elle est encore plusancienne que Rome, puisqu’Enée enfait le tombeau de sa nourrice, et luidonne son nom qiflFl'a illustrée à ja-mais.

Tuqitoque littoribus noslris , Æneia nutrix ,Ælernam moriens famam , Cajeÿi , dedisti :

Et nunc serval honos sedem tuus ,ossaque nornenHesperiâ in magna , si qua est en gloria , signât.

( Æneid. , lib. vu, v. i. )

« Et toi, de mon hérps nourrice bien aimée ,»*De nos bords, en mourant, tu iis la renommée,» O Gaiète ! et ton nom protège ton cercueil,

» Que l’antique llespérie honore avec orgueil.

( Xrad. de Delille. )

» Sur le sommet de la colline est lemausolée de Lucius Munatius Plancus ,fondateur de Lyon . Il date de seize ansavant l’ère chrétienne. Une fausse in-terprétation de l’inscription avait faitcroire que c’était un temple à Saturne ;mais sa forme, semblable au monu-ment de la famille Metella à Rome , aprouvé que ce n’était qu’un tombeau.Le vulgaire l’appelle la tour de Ro-land. »

Je remerciai le moine de sa complai-sance. Commandi il suo servo. « Com-mandez à votre serviteur » , me répon-dit-il. Cette formule est très-usitée àNaples , m’a-t-on dit.

J’avais écouté avec la plus vive at-tention ce récit, qui m’avait fort in-téressé. Les Italiens aiment à parler deleur pays, dont l’ancienne gloire semblerejaillir sur eux , et dont il n’est pas un

coin de terre qui n’ai t inspiré des chantsaux poètes. Les vers latins qu’il m’avaitrécités avec sa prononciation italienne,produisirent sur moi un effet singulier.Cette prosodie naturelle et fortementaccentuée, cette vibration de syllabespleines et sonores, ces u changés enou , tout leur donnait une harmoniequi m’était inconnue. Je crus entendredu latin pour la première fois, pro-noncé par Virgile lui-mème.

La plage se déroule en demi-cercleet nous permet de distinguer Moladi Caëte, gros bourg bâti sur lesruines de l’antique Formie, ville desLestrigons dont parle Ovide , et qui pos-sédait un port dont les ruines subsis-tent. Elle fut détruite en 856, par lesSarrasins, et ce sont maintenant despêcheurs qui habitent Mola.

Horace estimait les vins de Formieà l’égal de ceux de Falerne.

Au delà, dans les terres, à environtrois milles, sont les marais de Min-turnes. L’imagination s’élançant dansles siècles reculés, évoque Marius.Elle voit cet homme audacieux, obscurplébéien, devenir l’arbitre des desti-nées de cette ville, qui dicta ses loisaux nations. Elle le voit fuyant à sontour les proscriptions de Sylla ; et àMinturnes terrifiant de son regard etde sa parole le Cimbre envoyé pourl’égorger; elle le suit encore aux ruinesde Carthage, et prononce ce vers :

Et ces deux grands débris se consolent entre eux !

La manœuvre du bâtiment nousporte au large, et nous fait rabattre surun archipel dont les îles, de formesvariées, découpent admirablementl’ho-rison, Ponza, Palmarola, Zannone,Ventotena et S t0 . Stefano. Pline nom-me ces îles OEnotrides. Elles ont étésuccessivement habitées parles Tyr-rhéniens et les Grecs,