Ponza, la plus considérable, a quatremilles de longueur; sa partie la pluslarge n’a qu’un mille, dans quelquesendroits même, elle n’a qu’une cen-taine de pas. Son nom latin, Purnex ,« pierre-ponce » , indique une originevolcanique, prouvée à chaque pas pardes amas de tuf, ainsi que par desbandesde scories et de lave. Une vieille tradi-tion l’a aussi désignée comme l’île deCircé .
C’était au temps des Romains, ainsimi'.aujourd'hui, un des lieux d’exil de«'eux qui encouraient la disgrâce deschefs du gouvernement. Tibère y exilasa mère et sa sœur Julie, ainsi qu’unfils de Germanicus qu’il y condamna àmourir de faim. Caligula y relégua sasœur Livie, et Domitilla , parente deDomitien , y fut martyrisée pour avoirembrassé la religion chrétienne . Au-jourd’hui l’on y déporte les criminelsd’état, qui y sont soumis à la surveil-lance sévère du commandant de la gar-nison.
Le port est grand et profond, et peutcontenir plusieurs vaisseaux de guerre.Les bâtimens marchands y trouveraientun abri commode; mais, à cause dela quarantaine, ils préfèrent, en casde gros temps, se réfugier à Gaëte , oùest organisé un bureau de santé.
L’île, peu boisée, est assez bien cul-tivée sur les points qui en sont suscep-tibles; sa partie escarpée est plantéede vignes. Les oliviers y sont en petitnombre ; on y trouve aussi les cactus,cette végétation de l’Afrique , si com-mune en Italie .
L’antiquaire s’arrête avec intérêt de-vant un aqueduc en fer à cheval d’en-viron trois mille pieds de contour,quelques pans de mur, et des hainsayant des marches qui avancent dansl’eau.
La maison du gouverneur, située à
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l’extrémité du port, est attenante à laforteresse où sont renfermés les for-çats ; on y va par une promenade pu-blique qui sert de toiture à une lignede maisons creusées dans la terre. Laville peut contenir environ trois centshabitans, presque tous pêcheurs. Lereste des insulaires, cultivateuvéritables troglodytes, habite le creldes rochers, dans des gropropres et blanchies en dedans.-.Cesgrottes „ fraîches en été et **É|fudnsen hiver, sont sans la moindr^hqn^dité; avec des pâturages, ils n’élèventpoint de bestiaux, se contentant duproduit de leur pêche qu’ils exporten*à Naples . : * ,
Palmarol a et Zannoriè, toutes deuxinhabitées, sont des dépendances dePonza. / *
Ventotena, l’ancienne Pandaln'nrî,■où Tibère exila Agrjpjàac, e:®:st àvingt milles à l’est ^lle^p^qu’An'ê lieueet demie de circuit? Long-.t'errips restéeinculte parla crainte qu’inspiraient lespirates africains , elle n’est peuplée quedepuis un demi-siècle, par une colonieque Ferdinand I er . y instaia , et qu’ilfit venir delà Torre del Greco , petit"pays au pied du Vésuve . Sa popùla-ttion s’élève aujourd’hui à cinq centsâmes, l’eau y est saumâtre et mauvaiseet le vin médiocre; en revanche, on ypeut faire bonne chère. Dans la saisonde la chasse , qui se renouvelle deuxfois par an, en mars et en septembre,"les cailles y sont très-abondantes; àces époques, Ventotena et les îles en-vironnantes sont couvertes de fdeb*avec lesquels on les prend par millierspour les porter sur les marchés de^Naples . . - » '■jft
C’était encore mon moine qui medonnait tous ces détails; il était enverve, et, avec son urbanité ordinaire,me faisait les honneurs de son pays.