Cicerone habile, il dirigeait mes ob-servations. C’est ainsi qu’il me donna,sur un petit rocher qui eût pu passerinaperçu, quelques notions intéres-santes. Ce rocher est Santo Stefano ,le Bolany-Bay du royaume, que sonisolement complet au milieu de la mer,
« roches vives et à pic, et surtoutsommet plat, sur lequel on a con-lit des bastions, ont fait choisircomme lieu d’exportation pour les pri-sonniers d’état, condamnés à une pri-4*i perpétuelle.
Ischia nous apparaît au large, commeun massif blanc, et de toute part inac-«essible. L’reil s’arrête d’abord sur l’E-pomée, ancien'volcan , et le point leplus culminant de cette terre de mer-veilles. Les voilà réalisés ces contes fa-buleux de la lutte des géans contre lesdiêux 1 cette allégorie , cette allusionaux ^Piénomènqs volcaniques ! Ischia doit sa *forMa tjton à celte force gigan-tesque qui entasse montagne sur mon-tagne. L’imagination la plus vive suc-combe à l’idée que des masses aussiénormes aient pu, par la seule acLiondu feu, se soulever et s’amonceler aupoint de former une île aussi consi-dérable.
De toutes les éruptions qui ont con-couru à la formation de l’île, car tousles historiens anciens et modernes s’ac-cordent sur ce point, celles qui ontéclaté du. coté du midi, et en partievers l’E., doivent avoir été les plusfortes et les plus terribles ; aussi lamasse principale et la plus grande par-tie du terrain se trouve-t-elle de cecôté.
On a souvent agité la question, sa-voir si Procida , séparée dTscbia parun canal qui donne libre passage auxpetits bâtimens, s’est jamais trouvéeen contact immédiat avec ceLte île etle continent: Des naturalistes et des
historiens, parmi lesquels se trouventPline et Strabon , partagent cette opi-nion; ils veulent qu’elle en ait été sé-parée par l’action du feu et celle del’eau.
D’autres, au nombre desquels à lavérité on ne compte pas des noms aussiillustres, invoquent en faveurdc l’opi-nion contraire un examen attentif etexact des lieux. Ils comparent les cou-ches du sol, les anfractuosités de lacôte, et les trouvent si differentes ,qu’ils concluent à l’impossibilité. Eneffet, l’empreinte d’un déchirementaussi violent, résultat d’une convul-sion volcanique, quoique dénaturéeparle temps et par les vagues, n’a pul’être au point qu’il devienne impossi-ble d’en reconnaître les traces : cestraces se retrouvent en examinant Gue-vara, îlot attenant à Procida , où l’onest forcé de reconnaître une aggloméra-tion évidente.
A mesure que nous avançons, l’Epo-mée semble s’affaisser ; l’île grandit,elle vient à nous ; ses sinuosités se des-sinent, chaque minute fournit sa per-spective; quel aspect saisissant et pit-toresque ! quelle nature neuve 1 quelsriches contrastes ! A côté d’un sillonde lave, des massifs d’arbres robusteset verts; puis, quand on détaille lesmerveilles de cet amphithéâtre , desmaisons blanches, des églises, deschapelles étagées sur la montagne, etadossées à un mur de lave noire; par-tout , sur ce sol de volcan, des jardins,des bosquets et de vertes avenues; ét,pour encadrer ce tableau, une mercalme qui en baigne le contour.
Au sortir du goulet, nous rangeonsde très - près le cap Misène . Ce nomlui fut donné par Enée , qui y déposales restes de son compagnon.
En suivant les sinuosités de cette,baie, nous voyons Baïa, ses temples,