plorer 'pour obtenir une pension , dé-poser un placet sur les genoux de la Ma-done, etattendre, aveccettefoi exemptede doute, une réponse favorable.
Les prêtres entretiennent cettecroyance ; ils ont sur le peuple unascendant qui triomphe de tout. C’està cette influence, mise habilement enjeu, que nous devons la sûreté des ruespendant la nuit. Elles étaient autrefoisde véritables coupe-gorge.
Les murs , sont tapissés de pein-tures grossières, représentant des ima-ges de Madones et de saints ; la poli-tique imagina d’en tirer parti. Un desministres de Ferdinand I er ., le che-valier Acton, homme habile, fit com-prendre son idée au père Rocco ,moine, qui, déjà de son vivant, avaitune réputation de sainteté; celui-cipersuada le peuple que le meilleurmoyen d’honorer la Madona et lessaints était de placer devant chaqueimage une lampe brûlant jour etnuit.Ce que n’aurait pu obtenir le gouver-nement le plus despote, sans fairenaître une émeute, la simple parolede persuasion d’un moine l’obtint, etNaples fut éclairée de cette seule ma-nière jusqu’à l’arrivée des Français . Acette époque, le gouvernement nou-veau donna des réverbères à la ville;mais nos images n’en ont pas moinsconservé leurs lampions. »
J’ai su depuis que, dans l’intérieurde sa chambre à coucher, le Napolitaina toujours un tableau de la Vierge;éternel objet de son culte, une lampebrûle devant, et malheur à la femmequi, négligeant le soin de l’entretenir,la laisserait s’éteindre! Dans certainesclasses le mari se porterait aux der-nières extrémités, persuadé que cettenégligence entraînerait les plus grandsmalheurs. Qui ne reconnaît là le cultedeVesta, et son feu sacré? Souvent ceN.
tableau est en Louré de rideaux, que l’onne manque pas de fermer soigneusementpour dérober à la Madona quelques ac-tions dont le scandale l’ofl’enserait.
Ces images, léguées de générationen génération, sont gardées avec leplus grand soin; les propriétaires ontpour elles un attachement semblableà celui qu’avaient les anciens pourleurs pénates, ils les considèrent com-me des divini tés dont la famille se pro-met la protection. Si une série d’événe-mens malheureux arrive, ils en accusentleur impiété, mais jamais le saint à laprotection duquel ils sont voués.
A quelques coins de rue, il est desMadones dontleluminaireest auxfraisdes plus riches propriétaires du quar-tier. Celles-là sont entourées de grillesde fer , auxquelles sont appendus desex voto et des offrandes de toute es-pèce. Les plus édifiantes sont cellesfaites par de jeunes femmes nouvelle-ment mariées, à qui il est arrivé desmalheurs. Elles viennent alors déposerleurs joyaux de noces , leurs bouclesd’oreilles, leurs colliers ; et c'est le plusgrand sacrifice qu’une Napolitainepuisse faire , et la plus grande preuvede foi qu’elle puisse donner , car l’or-gueil est pour ce peuple un second pé-ché originel.
Les jours de fête ils se ruinent pouracheter des feuilles d’or; ils revêtent laMadona depapier doré; l’Enfant Jésusqu’elle tient dans ses bras doit êtreégalement brillant ; tout enfin , exceptéla perruque dont ils coiffent la Vierge,doit être couvert de ce riche métal. 11faut à ce peuple des spectacles de dé-votion pour l’intéresser à la religion.Aussi les ornemens des églises , les re-posons, les autels que l’on construitdans la rue, la crèche que l’on fait àNoël , sont d’une richesse, d’unesomp-tuosité, que l’on ne voit point ailleurs.
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