LA CAVA. 4»
cernent rlu XVI 3 . siècle , et se ter-minèrent en faveur des derniers. Lacommune obtint à peine la permissionde planter des vignes et des oliviersà un mille autour de ses murs, et futcondamnée à laisser le reste de sonterrain en friche.
En soupant, nous fîmes nos accordsavec un calessaro, notre commensal,qui devait nous conduire à Salerne ; lelendemain, à cinq heures, il était ànotre porte.
Jusques au Silaro, nous ne vîmesque quelques fermes semées çà et là ,et qui rompent l’uniformité delà route.Nous passâmes devant trois superbesédifices doriques qui semblent appar-tenir encore à Pestum , quoique cepen-dant se rapprochant plus du stylesimple et nerveux de l’architecturehindoue que de celui efféminé desvoluptueux sybarites.
L’eau dans cette contrée estexcessive-ment malsaine, 1 aqueduc, qui autrefoisen fournissait une meilleure, étant dé-truit depuis long-temps. Nous suivonsla route de Picenza, nommée par cor-ruption Yicenza, autrefois Picentia ,capitale du Picentin , sur La voie Ap-pienne, que l’on retrouve à Eboli . Anotre gauche est une maremme, d’oùs’exhalent des vapeurs pestilentielles,et qui nourrit des troupeaux de buf-fles. Là était autrefois Portus Albur-nus , et un temple dédié à Junon Ar-giva, attribué à Jason et à ses Argo-nautes. Strabon le place sur la rivegauche du Silarus ; mais il serait diffi-cile d’en retrouver l’exacte position,qu’il met à cinq stades de Pestum .Plutarque en fait mention, en disantqu’il fut pillé par des pirates.
Picenza, deux fois détruite par lesRomains, mais deux fois rebâtie, au-rait pu prospérer, par sa situation etson territoire fertile, sans la culture du
riz introduite dans ces contrées dans ledixième siècle, qui en a rendu l’airmortel. Nous la traversons bien vite.
Nous sommes dans un beau et richepays. Nous voyons à chaque pas despaysans bronzés, au profil grec, vêtusde pittoresques baillons, qui chantentd’un ton guttural, l’escopette sur l’épaule. Les uns labourent , d’autreschassent; notre cocher chante ou faitla conversation avec eux. Il nous ditque rien n’est plus agréable que deparcourir cette route à l’époque où onbat le blé : cette opération a lieu enplein champ, au moyen d’une machinefaite sur le modèle d’un char antique,et fixée sur une herse en bois, tirée pardeux bœufs. Dans cette machine sontdes enfans qui les guident et les fonttourner autour de l’aire, construited’un ciment dur et poli, entourée d’unmur très-bas , et jonchée de gerbes deblé. Cette herse, qui se promène surles gerbes, et ces bœufs qui les piétinent, en détachent le grain ; ordinairement deux ou trois de ces machinessont employées à la fois dans chaqueaire. Ces travaux sont terminés par desdanses et par des repas qui complètentla journée.
Homèrenous décrit ces usages commeconnus des Grecs.
Nous avions bâte d’arriver à No-cera dei Pagani : aussi, ne nous arrê-tant à Salerne que le temps néces-saire pour rafraîchir nos chevaux, nousen repartîmes de suite ; nous devionstraverser l’ancienne Marcina, jadis villedes Picenlins, aujourd’hui La Cava,petite ville dont les rues sont or-nées de portiques semblables, quoiquemoins beaux , à ceux de la rue de Ri-voli . Cette manière de bâtir ôte beau-coup de l’aspect vivant d’un pays, endéroban t à la vue le peuple qui circule.La Cava est très-peuplée. Nous avions