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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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NOCERA . 43

céc, au moment où le oui solennel allaitsortir de sa bouche , un coup de mous-quet l’étendit raide morte au milieudu sanctuaire. «Dieu le voulait, ditl’assassin , et moi je ne le voulaispas. » Ces mots prononcés, il s’enfuitdans les montagnes sans trouver lemoindre obstacle à sa fuite, tant cetteaction atroce avait consterné les as-sistans. Le malieureux Tommaso, enproie au désespoir le plus violent,chercha vainement à tirer une ven-geance éclatante , il poursuivit l’as-sassin, le gué ta fort long-temps sansquitter son fusil. Enfin Dieu réprimace mouvement de colère et l’appela àlui. 11 vint alors dans ce couvent cher-cher des consolations au pied des au-tels. Ne pouvant bannir intérieure-ment de son âme le souvenir de sesmalheurs , il écrivit sur la porte de sacellule.

« Qmi amor conduxit me. *

« Ici me conduisit l'amour. »

Laissant à ceux qui liraient cette pa-thétique inscription le soin d’interpré-ter à leur gré si cet amour était pourla créature ou le créateur.

Il n’est pas rare d’entendre dépa-reilles histoires en Italie , où l’amourjoue un si grand rôle.

De La Gava à Nocera dei Pagani, laroute n’est qu’une suite de jardins dé-licieux. Nos yeux ne se rassasiaient pas ;quelle nature! quel luxe ! quelle profu-sion ! À peine avions-nous admiré unpoint de vue, qu’un plus beau se pré-sentait ; nos exclamations se succé-daient, c’était à n’en plus finir. Lecalessaro était ravi. « Cbe bel paese,signori, mi rate. » « Quel beau pays ,seigneurs, admirez» ; et il avait raison.11 est difficile d’en trouver un sem-blable.

Nous entrâmes à Nocera ; il faisaitencore assez jour pour ce que nous yavions à voir, car, à l’exception de l’é-glise de Sainte-Marie-Majeure , ellen’offre rien de remarquable ; cette églisemêmen’est pas dans la ville. Mais lais-sant, avant que d’y arriver, la granderoute à gauche, et parcourant unelégère distance, nous nous y trou-vâmes à l’heure de l’angélus ; elle étaitremplie de monde. Sa forme est orbi-culaire ; elle paraît avoir été bâtieavec d’anciens matériaux, du tempsde Constantin . Sa voûte esL supportéepar une double rangée de trente co-lonnes corinthiennes disposées en cer-cle et d’un marbre superbe; mais leursfûts de différentes hauteurs indiquentqu’elles n’ontpas toutes appartenu aumême édifice. Dans le centre de l'égliseest une ancienne fontaine pour le bap-tême par immersion des adultes, res-semblant assez au baptistère de Pise ,et entourée d’une balustrade couron-née par des colonnes très-inférieuresen beauté à celles qui supportent lavoûte. Aux deux côtés de la tribunesont deux colonnes en marbre de Pa-ras, surmontées de leur corniche. Lapartie inférieure en est lisse, et le hautcannelé. La forme de l’édifice indiqueaux antiquaires qu’il a été construitsur les fondations d’un temple consa-cré à toutes les divinités. Ils tirentcette induction d’une petite colonnede marbre blanc qui l’explique parune inscription moitié grecque, moitiélatine.

Quant à la ville de Nocera, ancien-nement Nuceria Afaterna , elle estassez insignifiante et assez laide. Onla suppose fondée par les Pélasges Sar-rastes, qui, dans les temps reculés, vi-vaient sur les bords du Sarno ; sacca-gée et incendiée par Annibal, aprèsson échec devant Nola , nous lisons