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l’abbé, un manuscrit à la main, clanslequel il avait classé par ordre toutesles éruptions du Vésuve . « Cela vous in-téressera , me dit-il, demain on selèvera tard, vous le lirez avant dé-jeuné ; »là dessus il me souhaita le bonsoir, je m’endormis content de majournée et bénissant le ciel de m’avoirinspiré l’idée de faire un voyage enItalie .
Le lendemain, étendu dans unebonne bergère « Poltron a » , ayant enface dema fenêtre cet imposant Vésuve ,je lus le manuscrit de l’abbé, que jetranscris.
Le Vésuve a subi tant de variationsdans sa hauteur et dans la forme deson cratère, qu’il devient très-difficiled’en donner une idée exacte.
Cependant il passe généralementpour avoir plus de 600 toises au-des-sus du niveau de la mer.
L’Antiquité fournit peu de notionssur cette montagne, et même de tout ceque les Anciens nous ont dit, il ré-sulte quelques incertitudes sur le lieuauquel ils avaient donné ce nom. Quel-ques-uns feraient soupçonner qu’ilsdésignaient ainsi un autre volcan si-
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tué dans les champs phlégréens , au-jourd’hui la Solfatara, près de Pouz-zoles. Cependant Diodore, Strabon etPline s’accordent entre eux et indi-quent, en parlant du Vésuve , la mon-tagne que nous connaissons sous cenom.
On ne trouve rien dans l’histoiredes premiers temps de l’Italie qui au-torise à croire que le Vésuve se fûtdéjà rendu célèbre par ses incendies etses éruptions. Le premier qui en parleest Diodore de Sicile , qui vivait sousAuguste , vingt-cinq ans avant Jésus-Christ . 11 dit qu’il avait vomi du feudans les temps passés, comme l’Etna ,
et qu’il conservait encore des vestigesd’anciennes éruptions.
Strabon s’explique d’une manièreplus circonstanciée. Après avoir faitla description d’IJerculanum, de Pom-pé ! et d’autres villes voisines, il ajoutequ’au-dessus de ccs villes est situé leVésuve , montagne très-fertile , à l’ex-ception de son sommet qui semblerecouvert de cendres ; une grandepartie de ce sommet, plat et stérile,contient des cavernes remplies depierres d’une couleur foncée, commesi elles avaient été brûlées et calcinéespar le feu , d’où l’on pourrait con-jecturer que ces lieux ont été autre-fois enflammés, et qu’il y avait danscet endroit un volcan qui n’a cessé, quelorsque les matières inflammables ontété consumées.
11 est à supposer que les nombreuxbabitans des villes voisines vivaienten grande sécurité , bien éloignés desupposer qu’un élément dangereux mi-nât en dessous d’eux le sol qu’ilsfoulaient, et que, des entrailles decette montagne alors si tranquille,des Lorrens de feu fussent à la veillede s’élancer, pour les envelopper dansune destruction générale.
Le premier signe que le volcandonna de son existence, fut un trem-blement de terre en l’an 63. Les se-cousses effrayèrent les babitans , leschassèrent de leurs demeures et firentécrouler plusieurs villages situés à labase du cône. Cependant cette con-vulsion cessée et la terreur disparue,les babitans revinrent et réparèrentleurs maisons. Voici è la manière dontSénèque nous fait la description decet événement :
» Pompé! , cette ville célèbre de laCampanie , près de laquelle le rivagede SurrcnLum et de Stabiad’un côté,et celui d’IIcrculanum de l’autre , for-