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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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VESUVE . Gi

son malheur, celui-ci le sort de sesproches. Il s’en trouvait à qui la craintede la mort faisait invoquer la mortmême. Plusieurs imploraient le se-cours des dieux ; plusieurs croyaientqu’il n’y en avait plus, et comptaientque cette nuit était la dernière et l’é-ternelle nuit, dans laquelle le mondedevait être enseveli. On ne manquaitpas même de gens qui augmentaientla crainte raisonnable et juste, par desterreurs imaginaires et chimériques.Us disaient qu’à Misène ceci étaittombé, que cela brûlait; et la frayeurdonnait du poids à leur mensonge. Ilparut une lueur qui nous annonçait,non le retour du jour, mais l’approchedu feu qui nous menaçait, il s’arrêtapourtant loin de nous. L’obscurité re-vient, et la pluie de cendres recom-mence, et plus forte et plus épaisse.Nous étions réduits à nous lever detemps en temps , pour secouer nos ha-bits, sans cela elle nous eût accabléset engloutis. Je pourrais me vanterqu’au milieu de si afïreux dangers, ilne m’échappa ni plainte, ni faiblesse;mais j’étais soutenu par cette consola-tion peu raisonnable, quoique natu-relle à l’homme, de croire que tout l’u-nivers périssait avec moi. Enfin cetteépaisse et noire vapeur se dissipa peuà peu, et se perdit tout-à-fait, commeune fumée ou comme un nuage. Bientôtaprès parut le jour, elle soleil même,jaunâtre pourtant, et tel qu’il a cou-tume de luire dans une éclipse. Toutse montrait changé à nos yeux troublésencore; et nous ne trouvions rien quine fût caché sous des monceaux decendre, comme sous de la neige.

Deretour à Misène , après nous être unpeu refaits de la fatigue, nous passonsdans une cruelle incertitude de notresort une nuit partagée entre la crainteet l’espérance; mais la crainte était la

plus forte ; car le tremblement de terrecontinuait, et beaucoup de gens, dansun esprit égaré, se plaisaient à ag-graver leurs maux et ceux des autres,par des prédictions effrayantes. Ce-pendant, malgré tout ce que nousavions soullert et ce que nous avionsencore à craindre, nous n’eûmes pasla moindre pensée de nous retirer, quenous n’eussions eu des nouvelles de mononcle. Vous ne lirez pas ce récit pourl’écrire, car il ne mérite pas d’entrerdans votre histoire ; et vous n’imputerezqu’à vous-même, qui l’avez exigé, sivous n’y trouvez rien qui soit dignemême d’une lettre. Adieu. »

Un siècle après, Plutarque ajouteencore à ces détails, et, cinquante ansplus tard, Dion Cassius , y mêlant lerécit d’histoires merveilleuses et defables, créées et répétées par le peuple,dit qu’une grande disette s’ensuivi t, quedes tremblemens de terre ébranlèrentle pays, et furent accompagnés debruits horribles, tant sous terre quedans l’atmosphère, la mer rugissait ,et l’on entendit des éclats alïreux,comme si des montagnes se déchiraient ;d’énormes pierres furent lancées , ainsique des masses de feu et de fumée, desorte que l’air en était obscurci, et lesoleil avait disparu comme pendantune éclipse. Des amas de cendres cou-vrirent la terre et la mer, détruisirenttout, et ensevelirent deux villes en-tières , Herculanum et Pompeï , aumoment où le peuple se trouvait authéâtre.

Les cendres furent portées jusquesen Afrique, en Syrie et en Egypte ,et elles occasionèrent une grande ter-reur à Rome , où l’air en fut tellementchargé, qu’on ne vit pas le soleil pen-dant toute une journée.

Gallien et Eutrope en parlent dansle même sens.