mencement de petite lave, l’on vitsortir ensuite, du pied du cône, ungrand courant de lave qui prit sa di-rection vers la pointe appelée déliaCrocelle , à l’ouest, s’avança en bor-dant les hauteurs des Cantaroni, des-cendit rapidement sur les terrains ad-jacens aux Crocelle, et incendia unpetit bois de cliônes de l’ermitage. Aquatre heures après-midi, la lave , serepliant un peu vers le Fosso-Grande,attaqua les terrains plus bas que lebois , et en recouvrit une grande éten-due.
Cette lave, et une autre qui, enlongeant la pointe dite r/eZ Palo , des-cendait de l’ouverture d’une boucherécente , placée entre la paroi du nou-veau cône et la pointe, coupèrent,en se réunissant, le chemin que l’onsuit pour monter sur le cône, et oùl’on ne pouvait plus parvenir qu’entournant vers le canal dit de l’Avena.
La lave coulait cette fois lentement ;on eût dit qu’elle voulait savourer lebarbare plaisir de la destruction ; ellepromenait pas à pas ses désastres, etn’avançait pas plus de six à sept piedspar minute : elle continua à coulerpendant toute la journée. A huit heureset demie environ , après de très-vio-lentes détonations, il s’ouvrit unenouvelle bouche à l’est, dans la direc-tion du Mauro , au même endroit d’oùsortit la lave de 1817. La nouvelle ar-riva près du casin du prince cl’Otta-jano ; alors , sous des secousses multi-pliées , on vit disparaître entièrementle nouveau cône , et la force manquaaux courans de la lave de l’ouest.
Le 25 août, à six heures, sous unedétonation terrible, s’ouvrit une autrebouche au pied du grand cône ; de làpartit un courant de lave qui couvritla précédente.
Le 26, une immense colonne de
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fumée noir et épaisse précéda l’érup-tion d’une autre lave, multipliée parune foule d’autres ouvertures voisines ;elle décida un effroyable courant qui,précipité par les pentes de cette partiede la montagne, arriva promptementau Mauro, et coupa le chemin qui deBosco-tre-Cnse vaà Ottajano; agrandiepar des bouches adjacentes qui s’ou-vrirent le 2y, elle se divisa en troisaffluens ; le plus grand s’avançant versle Mauro, envahit quelques partiesdu territoire dans la direction de Sca-fati , un autre attaqua les terrains cul-tivés qui dominent Bosco-Reale, letroisième menaça et envahit quelquesplantations près de l’église délia Nuu-ziatella à Bosco-tre-Case.
Une chose que j’ai observée avec leplus grand intérêt, pendant ces scènesde désolation, c’est que les arbres ,avant d’être attaqués par la lave , cris-pent leurs feuilles avec un petit fré-missement, et les branches s’enflam-ment avec une lumière blanchâtre , enmême temps que la lave frappe letronc.
Le 3 o août, la lave principale con-tinuait à couler et sortait de plusieurscrevasses qui se sont ouvertes entre leVésuve et Ottajano ; elle a traversé lechemin vers le levant, et continuantd’avancer a détruit entièrement le vil-lage de Saint-Giovanni, ainsi que ce-lui de Caposicco , placé sous Torzigno ,au midi. La largeur de la lave étaitd’environ une demi-lieue , sa profon-deur de vingt-deux pieds, et la lon-gueur de son cours de plus de deuxlieues.
Les dommages qu’elle a occasionéssont immenses ; elle a détruit plus de4oo arpens de terrain couvert d’ar-bustes ; en outre , elle a enfoui plus decent habitations dans les deux villa-ges incendiés.