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Ce port est dangereux en temps d’ora-ge, surtout quand le vent est du sud-ouest, car, s’il est, comme il arrivequelquefois, d’une violence extraordi-naire,il y causeles plus grands désas très.
La jetée fut construite par Charlesd’Anjou, en i3o2, et augmentée parAlphonse d’Arragon; la tour du fanal,qui en marque le coude, existait sousFrédéric d’Arragon ; mais presque dé-truite par la foudre, elle fut rebâtieen 1 636; quelques années avant, levice-roi d’Alhe avait fait faire au portdes améliorations; mais il ne fut en-tièrement achevé que par Charles 111,qui, en iy4o, lit ajouter du côté de l’Esttroiscents piedsde longueur à la jetée,sur laquelle il fit aussi bâtir un fort etdes magasins.
Le Môle était autrefois une prome-nade très-fréquentée; aujourd’hui queNaples possède la rue Toledo, et sur-tout la Villa Reale, il a été abandonnéau peuple. C’est, on peutle dire, le bou-levard du Temple de Paris . Là on vachercher les scènes les plus grotesques.Arlequin appartient à Bergame, Pan-talon a Venise, mais Naples revendiquePulcinella ; c’est à Naples qu’il a prisnaissance ; tous les jours il y débite lesmêmes bêtises, les mêmes lazzis, ettous les jours le peuple en rit aux groséclats (PL 47 ).
M. de Forbin lui assigne une ori-gine fort reculée.
«C’est à Naples, nous dit-il, que l’Eu-rope doit la première idée de ce poli-chinelle, qui fait le bonheur de l’en-fance, et obtient un sourire de tous lesâges. Une peinture retrouvée à Ilercu-lanum rappelle ce personnage comique;au-dessous était écrit dois atellanus.La pose, la physionomie du polichi-nelle antique sont d’un burlesqueachevé; on peut penser que ce bouffonjouait des rôles dans ces atellanes, si
bien accueillies jadis par la jeunesseromaine. Les descendans immédiatsde ces bouffons passent pour êtretous natifs d’Acerra , «Stella, » dansle royaume de Naples. Les lazzis, lagourmandise , et surtout la poltron-nerie de Polichinelle , réjouissent tou-jours les Napolitains; les étrangerseux-mêmes s’en amusent, quoiqueprivés de l’avantage de sentir toute lafinesse des équivoques, et l’à-proposdes satires souvent très-piquantes. »
Il existe une grande différence entrele polichinelle français , personnageimaginaire, avec sa veste rouge, sonventre pointu et son langage de cari-cature, et le Pulcinella napolitain,personnage naturel, paysan de la terrede labour, vêtu avec un pantalon blancen toile, une chemise , un feutre grispointu et un masque noir qui lui cou-vre la partie supérieure du visage.Son langage est le napolitain. L’i-talien est la seule langue de l’Eu-rope dont les dialectes dilférens aientun génie à part. On peut faire desvers et écrire des livres dans chacunde ces dialectes particuliers, qui s’écar-tent plus ou moins de la langue mère.Le sicilien, le vénitien et le napolitain sont les plus originaux.
Il est un théâtre secondaire où Pul-cinella est oblige : de paysan devenudomestique, tour à tour, de César,d’Alexandre, ou d’un seigneur napo-litain , il a conservé dans ce nouvelétat, la franchise, la naïveté et la ba-lourdise du premier. On met dans sabouche les lazzis qu’en France onprête à Arlequin.il se permet quel-quefois des véi'ités fort dures contre legouvernement et le peuple’; ainsi, dansune pièce, il dit que trois F suffisentpour gouverner les Napolitains, feste,farina et força, fêtes, farine et po-tence; dans une autre, qu’un boisseau