tits seaux en Lois achetés à la fête. Leshommes portent à leurs chapeaux desplumes de coq; ou de paon. Tous lesgroupes ofhent vraiment l’image de lagaîté et du plaisir, mais du plaisir dé-généré en orgie. Tous ces rites sontcélébrés avec des formes si exactementsemblables à celles de l’idolâtrie desanciens Grecs, ils sont si parfaite-ment ressemblans par le costume et lestraits à ceux cjui nous ont été conservésdanslcs sculpturcsantiques , que mêmeles couronnes de lierre de Bacchusn’ysont pas oubliées. Ces pipeaux rusti-ques et cette danse, avec sesmouvemensgracieux et scsgcstes pantomimes, rap-pellent les bacchantes célébrant desrites, qui n’ont aucune affinité aveclesépoques sacrées de cette religion delongues souffrances et de sacrifices donton veut retracer les événemens.Il esteependant certain que si d’autres religionscroient avoir des routes aussi sûres pourmonter au ciel, aucune n’en a choisiune plus agréable que l’église napoli-taine, dans laquelle, loin que les prê-tres interdisent en aucun temps le pursentiment de la joie, ils disent au con-traire qu’il exprime notre reconnais-sance envers les dons du Créateur.
J’avoue que voyant revenir tout cepeuple ivre de joie et de vin, on a de lapeine à croire que ce soit un sentimentreligieux qui ait animé cette masse, onse croirait plutôt transporté aux satur-nales dont elle retrace l’image.
» Il nous faut, me dit Don Paolo, deschoses semblables pour occuper lepeuple. Vous le voyez, ces gens sontnombreux, ils ont mis deux ou troisjours à ce pèlerinage, aujourd’huiqu’ils rentrent, c’est une fête pourcette partie de la ville ; chacun vientreconnaître dans ces pèlerins un pa-rent, un ami, d’autres s’y rendentpar un simple mouvement de cu-N.
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riosité. Cette foule est donc occupée,et c’est beaucoup dans un pays où l’i-magination, ce puissant mobile, a be-soin d’être continuellement exercée.Il est d’une politique bien entendued’entretenir et d’alimenter ce goût.Vous ne devez pas raisonner ici commesi vous aviez allai re à un peuple d u Nord.Le nôtre ne se lasse pas de ces fêtes,et tous les ans il y trouve un nouveauplaisir. Vous aurez dû remarquer imtrait du caractère des Italiens ; c’estque notre mobilité ne nous porte pointà l’inconstance, et que notre vivaciténe nous rend pas la variété nécessaire.Le peuple est ici patient et persévé-rant, son imagination embellit ce qu’ilpossède ; elle occupe sa vie au lieu de larendre inquiète. »
Du quai nous vînmes à Toledo; larue était pleine de voitures qui se suc-cédaient sans interruption sur deuxfiles, dont l’une montait, l’autre re-descendait; c’est ce qu’on nomme ilcorso. Ici les chevaux et les voituressont un des principaux objets de luxe ;on en voit une telle multitude, que l’onserait tenté de croire que leur nombreexcède celui de Paris . La forme de cesvoitures, toutes calèches découvertes,permet d’apercevoir en entier lesfemmes élégantes qui les garnissent, etqui sont en général fort belles.
Beaucoup de quartiers n’étant oc-cupés que par le peuple, et les rues s’ytrouvant excessivement, étroites, leséquipages n’ont donc guères que To-ledo , le quartier de Cliiaïa, et quel-ques autres rues, en petit nombre, oùils puissent circuler librement; cequi les fait paraître plus nombreux,étant circonscrits dans ces deux pro-menades favorites des Napolitains; àToledo l’on va quelquefois à pied, maisà Cliiaïa l’étiquette veut qu’on ne s’ymontre qu’en voiture.