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me dit le duc, se munissaient de tor~elles, inutiles aujourd’hui. » Il m’estaisé de juger de 1’elïet de ces torches ,dont la flamme rougeâtre jetait en pas-sant une lueur vive sur tous les objets,ce qui, joint au bruit assourdissant deces voitures roulant sur un pavé dedalles du Vésuve et aux cris affreuxque poussent les lazzaroni et qui ré-veillentl’écho retentissant, devait don-ner à ce passage quelque chose de sau-vage, d’infernal, qui frappait l’étran-ger.
Des ouvertures sont taillées dans leroc pour donner de l’air ; elles ontaussi leur effet romantique : elles sontbordées par des buissons, des arbus-tes, des clématites, des chèvre-feuilleset du lierre , qui descendent en guir-landes fantastiques, et balancent sousces voûtes humides leurs rameauxflexibles.
Depuis l’occupation des Français des réverbères y ont été placés ; maisleur clarté est perdue dans l’immensité ;et le milieu de la grotte est encore siobscur, qu’on entend plutôt qu’on neles voit, les objets qui passent prèsde vous; aussi est-ce avec un senti-ment indéfinissable de joie que l’on re-voit la lumière et la riche campagne etmcmelepauvre village deFuori Grotta.
Le duc m’engage à traverser lagrotte un jour d’équinoxes, pour yvoir un phénomène ; le soleil, à soncoucher, prolonge scs rayons jus-qu’à l’autre extrémité, et change sonobscurité ordinaire en une brillanteclarté.
En sortant de la grotte de Pausi-lippe,l’on suit la route des Ba noli,ombragée d’arbres jusqu’au bore, de lamer. Pendant le trajet, plusieurs mon-ticules, couverts de la végétation laplus forte, la plus confuse, s’offrent àla vue. Sur le point le plus élevé
de ce coteau, se dresse fièrement lecouvent des Camaldules , d’où l’onjouit, à ce que me dit l'abbé, de laplus belle vue de l’univers ; l’œil planesur les deux golfes de Naples et dePouzzoles , sur leurs îles,jsur les cratè-res éteints de la Solfatara et des As-troni, sur le lac d’Agnano, le capMisène , le château de Baïa et la merimmense!....
11 me dit aussi que les religieux decet ordre sont nombreux, et viventdans la plus parfaite harmonie dansce lieu, le plus propre à la vie con-templative.
A mi-chemin nous laissâmes la route,et, tournant à droite, nous nous diri-geâmes, en suivant un petit chemind’environ un mille, vers le lac d’A-gnano (PI. 53), que nous visitâmesd’abord. Ce lac d’eau douce était au-trefois un volcan, il est facile d’en j ugerpar sa forme et par les produits vol-caniques qu’on y trouve. Les monta-gnes qui l’environnent sont admirable-ment boisées, et l’œil embrasse et me-sure sans obstacle toute son étendue;sur ces bords, la nature est riante,simple et tranquille : ce serait la soli-tude de choix d’un homme heureux ;ses eaux limpides sont à peine émues àleur surface, et produisent rarementquelques vagues qui viennent alors ex-pirer sur le gazon qui l’entoure. L’uni-formité d’un champ si spacieux et siuni est agréablement interrompue pardes touffes de roseaux, agités par lemouvement d’un grand nombre d’oi-seaux aquatiques, qui s’élancent entroupe du lac sur la prairie, et de laprairie sur le lac.
Un des premiers objets qui s’offrentà la vue est la fameuse grotte du chien,un paysan en a la clé, et s’y rend avecle chien destiné à l’expérience , et dontla vie se passe en évanouissemens per-