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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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ischia,

un réservoir pour la flotte des centmille hommes, rassemblés à Misène ,dont la Piscina Mirabile n’aurait étéque la réserve, dans le cas où les eauxde la Dragonaria se seraient per-dues. Cette grotte est remplie d’incrus-tations en stalactites produites parle séjour de ces eaux qui filtrent con-tinuellement, et forment une espècede fontaine.

Les abords en sontdifficiles, et commeil n’y a point de plage, notre barquefut amarrée à la roche, d’où, grimpantpar un petit escalier assez raide et taillédans le vif, nous essayâmes de parcou-rir la grotte; elle est voûtée, et le som-met de sa voûte était autrefois couverten tuiles.

Un peu après sont les ruines d’unédifice bâti par les premiers chrétiens,en l’honneur de saint Sozio, et détruitpar les barbarès en 85o.

Suétone et Tacite parlent aussi d’unevilla deLucullus, située à Misène , etdont les antiquaires croient reconnaî-tre les vestiges entre le théâtre et la

PROCIDA . 1 15

grotte. C’est là qu’au rapport de Sué-tone vint mourir Tibère .

« Tibère se soutint encore quelquetemps, après s’étrefait transportera Mi-sène .... Résolu de retourner à quelqueprix que ce fût à Capri , mais re-tenu par la tempête et par le re-doublement de sa maladie, il mourutpeu après dans la villa de Lucullus. »

En suivant cette plage dans la direc-tion de l’ouest, nous serions allés àMiliscola « Militum Schola. » C’étaitle champ de Mars de l’armée, ainsi quel’atteste une inscription; c’est aussi lelieu de la célèbre entrevue des triumvirsOctave et Antoine, lorsqu’ils traitèrentavec Sextus Pompée ; nous eussionsvisité le Monte Procida , que le cha-noine Jorio prétend être le mont deMisène , d’après une découverte faiteen 1808 de tombeaux et d’une inscrip-tion en l’honneur de Félix, évêque de.Misène ; mais cette opinion paraîtencore trop hasardée. L’abbé se con-tenta de m’en parler et de me vanter lesvins de cette montagne, qui sont très-renommés.

ISCHIA , PROCIDA .

J’avais visité Pouzzoles , exploré leterritoire que les vers de Virgile ontimmortalisé ; accompagné de mes poé-tiques illusions , j’avais vu l’Achéronet l’Averne , et pénétré dans l’antre dela Sibylle ; j’avais foulé ce sol, jadiscouvert de monumens fastueux, main-tenant j oncbé de débris informes, écoutéle silence de ces ruines, et frémi del’abandon de ce domaine de la pensée.

Il me fallait une distraction pour dis-siper la tristesse qu’inspire la vue desvestiges del’antiquité ; je résolus d’allerà Ischia, qui est aujourd’hui pour Na-ples ce que Baïa était pour les Anciens,le rendez-vous de la bonne sociétépour ses bains d’eaux minérales, etd’exécuter ce voyage par terre, ainsique le disent plaisamment les Napo-litains : pour cela, on va en voiture

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