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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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jusqu’aux Bagnoli, où l’on trouve unebarque sur laquelle on traverse lebras de mer appelé canal de Procida ,et large de quatre à cinq milles. Cesbarques vont à voiles et à rames. Cefut sur un de ces esquifs que je meconfiai au perfide élément qui, à mondépart, était calme et uni comme uneglace, et dans lequel se reflétait le plusbeau clair de lune. Je contemplais ceravissant spectacle, et les vers de La-martine se présentèrent à ma pensée :

Mortel, ouvre ton âme à ces torrens de vie ;Reçois par tous les sens les charmes de la nuit :A t’enivrer d’amour son ombre te convie ;

Son astre dans le ciel s’élève , et te conduit.Maintenant sous le ciel tout repose, ou tout aime :La vague en ondulant vient dormir sur le bord ;La fleur dort sur sa tige et la nature mêmeSous le dais de la nuit se recueille et s’endort.

Au moment où j’étais sous le charmede cette délicieuse poésie, l’impétueuxscirocco vint changer la scène aussi ra-pidement qu’un coup de sifflet changecelle de l’Opéra : il amoncela des nuagesqui tirèrent un rideau sur toute la na-ture. La pluie survint, la mer futtourmentée, quelques éclairs apparais-saient de temps en temps , ne laissanttomber sur le tableau que j’avais sousles yeux quequelques reflets de lumière;deux ou trois voiles blanchâtres semontraient seules aussi imprudentesque nous ; la tourmente fut forte, maiselle ne dura pas , nous abordâmes auBourg d ’Ischia.

Cette île ( PL 54 ) ,1a plus grande etla plus considérable de celles qui sontdans le golfe de Naples, s’est long-temps nommée Pythécuse, nom queles uns font dériver, on ne sait pour-quoi , de la quantité de singes qu’ellerenfermait, et dont quelques autresattribuent l’étymologie aux vases deterre dont on y rencontre beaucoup defabriques. Homère, Pindare et Virgile l’ont nommée Inarima. Aujourd’hui

elle porte le nom d ’Ischia , mais ellen’en est en possession quç depuis peu detemps. Personne ne s’est informé quil’avait nommée ainsi, car les antiquitésde trois cents ans ne sont pas dignesd’occuper les précieux momens des il-lustres antiquaires, il leur faut de bonsmilliers de siècles ou des ruines entiè-rement effacées.

Strabon nous dit que les premiershahitansdTschia furent desErythréens,mais que ses volcans toujours alluméset leurs terribles éruptions les ayantobligés d’en sortir elle resta désertejusques en l’an 354o , quatre cent cin-quante ans avant J.-C. Enfin les Bo-mains, plus courageux, s’y établirentetlaconservèrentjusqu’au temps d’Au-guste qui, préférant Capri , fit échan-ge de cette île avec les Napolitains .Ischia eut à souffrir des dissensionsqui agitèrent le royaume de Naples ,et, comme les habitans de la capitale,subit le joug des différens vainqueurs.En i44°, Alphonse d’Aragon en chassatous les habitans mâles, et les remplaçapar des Espagnols et des Catalans deson armée , auxquels il fit épouser lesveuves et les filles des Ischiotes ex-pulsés.

L’île d’ischia est richement cultivéesur toute sa surface , sans en excepterl’Épomée, dont le cône a la même hau-teur que le Vésuve , et se montre cou-vert de vignes jusques à son sommet.Elle peut être regardée comme un im-mense vignoble ; ses fruits sont exquis,et ses figues ont été vantées par Ho-race.

Et nur ornabat mensas cum duplice fieu.

Sat. ii, lib. il, v. 121.

Quatre noix et la figue au plancher suspendue,Par un joli dessert terminaient le festin.

Trad. de Daru.

Sa population est de vingt-quatremille âmes, et ses habitans sontspiri-