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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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ISCIUA,

tuels et industrieux; mais ce qui l’arendue célèbre, ce sont ses sourcesd’eaux minérales, ses bains cliauds etses étuves de sable ; on y trouve onzesources d’eau froide et trente-cinqd’eaux chaudes.

Tous ces détails me furent donnéspar D. Francesco, pour qui j’avais unelettre de recommandation de notreami D. Paolo , et chez qui j’allai pas-ser la nuit. •

D. Francesco est une espèce de sau-vage africain qui déteste les Français ,et qui, depuis 1806 , a abandonné Na-ples pour venir s’enterrer vivant dansIschia . Ce fut une chose plaisante quede le voir me combler de politesses parcomplaisance pour D. Paolo. Il mepromit de me montrer le lendemaintoutes les curiosités de l’île.

Ce lendemain arriva ; alors, suivantles règles de l’hospitalité , il s’apprêtaà m’accompagner; je crois, au reste,que malgré sa misanthropie il n’étaitpas fâché de faire un peu diversion àla vie monotone et triste qu’il a adop-tée : il commença par me dissuader demonter à la ville d’Iscbia, me disantque l’on n’y voit plus que les ruinesde celle bâtie dans le moyen-âge, etdétruite par l’éruption de l’Epoméeen i 3 oa , qui mit toute l’île en feu pen-dant deux mois. J’acquiesçai d’autantplus volontiers à cet avis, que, pouraller voir une ancienne cathédrale,l’archevêché, quelques paysans , etune cinquantaine de soldats invalides,il ne valait pas la peine de franchir desabords aussi difficiles, et que, pournous y rendre, il aurait fallu gravirpéniblement un rocher de lave. Nousnous bornâmes à visiter le Bourse très-peuplé et bien bâti. Les rues en sontlarges, droites et ornées de plusieursfontaines d’une eau vive qui prendsource dansl’Epomée : nous montâmesN.

PROCIDA . 117

sur des ânes, et nous entreprîmes unecourse dans le pays. Dix heures suffi-sent pour faire le tour entier de l’île.

A notre sortie du Bourg, nous vîmesavec intérêt le champ délavé del’^ê/'.so,formé par l’éruption qui engloutit cettenouvelle Herculanum , et qui est uneéminence d’environ cinquante pieds ,séparant le Bourg des Bains. Cettelave, après cinq cent trente ans, gardeencore son aspect effrayant et triste ;combien de siècles encore pour la ren-dre à la végétation ! De ce champ ,nous descendîmes dans une plaine quis’étend de la mer jusques au pied desdeux anciens volcans. A gauche est unejolie villa qui appartient au roi, et adroite le Lago cl’Ischia , isolé de lamer par un banc de sable de cinquantepieds de large. Avant d’y arriver, noustrouvâmes les Bains qui donnent leurnom à un petit hameau situé dans cetteplaine , et qui sont alimentés par deuxsources trcs-abondantesd’eaux chaudes.

Nous étions pressés d’arriver auxEtuves de Castiglione , construites im-médiatement au-dessus d’ouverturespar où s’échappe du sein de la terreune vapeur chaude. On y vient prendredes bains de vapeurs dans une fosse àpeu près de hauteur d’homme. Dansces environs sont les ruines de plusieursgrands édifices antiques , de piscineset de réservoirs qui ont appartenu àl’ancienne ville des Eubéens , détruitepar l’éruplion de Rotaro.

Poursuivant notre route, nous pas-sâmes par Foria, autre village assezriche, et où nous nous arrêtâmes unpeu pour nous reposer. Foria offrel’image de l’aisance et quelquefois duluxe. Après une demi-heure nous re-prîmes notre route droit à l’Épomée.Nous voilà donc sur le faîte de cettevaste pyramide dont nous avons fait letour, en décrivant unespirale des bords