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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE ,

POMPEÏ , HERCULANUM ,

Je voulais me diriger vers Pompeï etvisiter cette cité intéressante dans sesplus minutieux détails ; ce ne pouvaitêtre l’œuvre d’une journée. Le ducm’engagea à venir passer quelque tempsà sa villa de Portici pour m’en rappro-cher.

Me voilà installé chez lui comme sij’eusse été de la famille, et la partie ar-rangée pour le surlendemain. Ces deuxjours d’intervalle passèrent avec la ra-pidité de l’éclair. Aux heures les pluschaudes de la journée , chacun se reli-rait chez soi pour faire la sieste ou lire.Le duc avait mis à ma disposition sasuperhe bibliothèque.

Lamartine est l’auteur favori de laduchesse. Quand je veux émouvoirmon âme, nous dit-elle , par tout ce.que le sentiment a de plus sublime , jeme réfugie dans ses pages ; et quand jeme suis nourrie de cette lecture pen-dant quelques heures, mes facultésmorales semblent être doublées : luiseul sait exprimer , avec cette exquisesensibilité , ce langage intuitif qui ré-vèle en nous le sublime de notre orga-nisation.

Je trouvai chez elle la traduction d’unedes odes de ce poète, en vers italiens,faite par l’avocat Yincenzo Marcucci,Florentin, qui a réussi à faire passerdans cette langue harmonieuse lesbeautés de l’original. Leduc, qui leconnaît particulièrement, me dit qu’iltravaillait à une traduction complètedes œuvres de Lamartine dont il veutdoter son pays.

A la pointe du jour désigné pournotre course à Pompeï , j’entendis rou-

ler sous le vaste péristyle la voiturequi devait nous y transporter : c’étaitle signal du départ. Nous partîmes;grâces à l’activité de nos vigoureuxchevaux , nous eûmes bientôt franchila distance qui sépare Portici de Pom-peï, et nous voilà jouissant du plaisirde nous voir face à face avec cetteantiquité sur laquelle on a écrit tantde volumes. Rien de plus entier que cesruines: comme elles parlent à l’imagi-nation! le silence imposant qui règneautour de nous laisse un libre coursà la pensée qui se reporte au temps oùcette ville Horissante renfermait unpeuple actif qui, lier de ses libertés,les défendait dans le forum par la pa-role, elles armes à la main sur le champde bataille , et qui n’offre plus mainte-nant que le morne silence des tom-beaux.

Quel est le peuple dont l’originen’est pas enveloppée de merveilleux !Tous veulent descendre d’une race dedemi-dieux, dont les exploits sont exa-gérés et embellis par les fictions de lapoésie. A peine sortis de l’état de bar-barie, avides déjà de gloire, les habi-tans d’une ville adoptent sans examendes fables qui flattent leur vanité : cen’est qu’en approchant des âges civili-sés qu’on retrouve des faits probables ,et une narration portant les apparencesde la vérité. Athènes et Rome, fondéespar des dieux ou parleurs descendans,se sont réellement rendues dignes d’unesi haute origine; mais ce ne fut quelorsque, bien des siècles après, ellesfurent devenues sans rivales, l’une dansles arts, l’autre dans la guerre. Aces