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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L ITALIE .

lave et les cendres du Vésuve. Tite-Live et Florus parlent de son port,qui était magnifique, et propre à re-cevoir une armée navale. P. Cornéliusy vint avec ses vaisseaux. Cette villefut le centre du commerce de Nola,de Nuceria et d’Atella, villes fameusesdans ces temps-là, et c’est ce qui larendit riche et opulente. Plusieurs il-lustres Romains y eurent des maisonsde plaisance, entre autres Cicéron , quien parle dans ses lettres à Atticus .Tacite la nomme deux fois : la pre-mière, pour raconter une rixe qui eutlieu entre ses hahitans et ceux de Nu-ceria, à l’occasion d’un spectacle degladiateurs donné dans l’amphithéâtrepar Liveneius Régulus, sénateur dé-gradé, et où assistaient les habitansdes villes voisines. « Des plaisanteries,dit-il, on en vint aux injures, et desinjures aux coups, il y eut du sangrépandu; les Pompéiens furent vain-queurs, et ceux de Nuceria portèrentleurs plaintes à Rome , implorant lajustice de l’empereur. Néron en ré-féra au sénat, qui, sur le rapport desconsuls, ordonna l’interdiction pen-dant dix années de ces spectacles àPompeï , et l’exil de Régulus, causepremière du trouble dans lequel ilavait pris une part très-active. »

La seconde fois, c’est pour parler dutremblement de terre de l’année 63.Sénèque le rapporte aussi, et il ajouteque non-seulement Pompeï et Hercu-lanum, mais encore beaucoup d’autresvilles de la Campanie en souffrirentplus ou moins. Ce tremblement deterre avait déjà détruit une basiliquedans le Forum, lorsque l’éruption de79 vint tout engloutir sous des cen-dres et sous un amas de pierres ponces,accompagnée d’un déluge d’eaux bouil-lantes.

La nature s’est réellement plue à do ter

ces contrées des beautés les plus en-chanteresses , mais elles les a aussimêlées aux plus effroyables horreurs ;soit que nous nous reportions aux fic-tions des poètes qui les ont chantées ,soit que nous lisions les récits plusfroids et conséquemment plus appro-chant de la vérité, des historiens, tousnous vantent l’Italie , et dans cette par-tie de l’Europe , la Campanie commele pays des dieux.

« Le plus beau morceau, non-seule-ment de l’Italie , mais de la terre, estla Campanie . Rien de plus doux sousle ciel que son climat, où deux prin-temps se succèdent tour à tour, » ditFlorus .

Déchiré par de continuels tremble-mens de terre, dévasté par des torrensde feu, ou recouvert par des pluies decendres, ce pays a vu disparaître sescités; ce qui doit étonner, c’est quetoujours de nouveaux habitans osentfouler un tel sol. Mais jetons nosregards sur des régions où tous cesfléaux existent encore plus horribles,par l’âpreté et l’excessive rigueur duclimat le plus affreux, où des nappesde feu rompent seules l'uniformité desneiges , où des fleuves d’eau bouillantecoulent sur un terrain glacé, et notreétonnement cessera. D’ailleurs souve-nons-nous que lorsque la barbarie ré-gnait seule sur l’Europe dégradée, cecoin de terre vit renaître les arts, et quela littérature vint se réchauffer à ce so-leil du midi. Il faut donc qu’il existe unattrait qui l’emporte sur la crainte ;cet attrait est celui, sans doute, queprésente la fertilité de ces campagnes ,et cette disposition du caractère del’homme qui lui fait perdre la mémoired’un danger qui n’est plus. La ville dePompeï a été bâtie sur une lave pro-venant du Vésuve . Pline nous décritles alarmes des habitans de S labia et