Buch 
[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
Entstehung
Seite
145
JPEG-Download
 

POMPEI .

gerles liquides. 11 faut dire aussi queles cinq profondeurs du milieu avaientchacune leurinscription, qui paraissentavoir été détruites par les Pompéienseux-mêmes. Peut-être y aurait-on lule nom de chaque mesure? Quelquesfiches en bronze scellées avec du plomb,incrustées près des ouvertures, nousont fait penser que chacune d'ellesavait eu son couvercle. Outre ce mo-dule de mesure publique , on avaitencore découvert d’autres objets de lamême utilité, tels que deux petitestables l’une sur l’autre, qui dans leursurface laissaient voir aussi trois inca-vations cylindriques de même natureque celles que nous avons décrites. Deces deux petites tables, l’une a ététransportée au musée royal, l’autre âété laissée accolée à la muraille à ladroite du forum , au lieu même oùtoutes deux furent trouvées.

A côté est un bâtiment demi-circu-laire, renfermant des sièges et desniches pour des statues. D’après laforme et la décoration , de l’édifice, ona reconnu que c’était la curia , ou lieude réunion des augustals.

Lorsqu’on arrive dans la rue deMercure , à un petit carrefour formépar une ruelle qui la traverse, ontrouve une fontaine comme il en existebeaucoup dans la ville ; l’eau y étaitjetée par une tête de Mercure sculp-tée en bas-relief. Le trafic qui se fai-sait dans cette rue devait être considé-rable, à en juger par le nombre deboutiques qui s’y trouvaient, par les ef-figies de la Fortune et de Mercure qu’onvoit sur les murailles, et par toutesles inscriptions qu’on y lit, inscriptionsdans lesquelles les marchands implo-raient la protection des édiles ou desduumvirs.Celte rue est une des plus lar-ges de Pompeï , car elle a près de trentepieds ; avant le carrefour on rencontreN.

i45

à gauche d’abord la foulerie, la maisonde la grande fontaine , puis celle de lapetite fontaine qui forme l’angle. Adroite est la belle maison du navire,ainsi nommée à cause d’une trirèmepeinte sur le pilier de la boutiquedans laquelle apparemment se vendaittout ce qui avait rapport à la marine.La principale entrée de cette maisonest dans la rue appelée rue de l’Arc.Elle en a deux autres dans celle deMercure, viennent ensuite deux bou-tiques et une taverne foi'mant l’angleopposé. La découverte de cette taverneest intéressante, en ce que ses peintu-res nous initient à tel point aux mœurset aux vices du bas peuple de ce temp>s,qu’elles ne laissent rien à désirer auxamateurs de l’antiquité.

Son entrée est dans la rue de Mer-cure , de là on va dans une arrière-bou-tique dont la sortie donne sur la ruelle.A en juger parles peintures obscènesqui recouvrent les murs de cette pièce,elle aurait été destinée aux plus hon-teuses débauches. La taverne est pe-tite; elle est garnie d’un banc en ma-çonnerie , incrusté de morceaux demarbre, entre lesquels est un beaufragment de porphyre vert.

Dans ce banc sont trois cavités dou-blées en plomb, et destinées à conte-nir des liquides , et dans la partie at-tenante au mur, un petit gradin enmarbre blanc, sur lequel on mettaiten montre le comestible qu’on vendait,et qui se préparait sur un petit four-neau à droite de l’entrée.

Le dieu tutélaire est représenté icisous la forme d’un serpent dévorant lesoffrandes déposées sur l’autel. On dis-tingue des œufs et des fruits fort bienpeints. Deux portes conduisent à deuxpetits cabinets destinés aux buveurs ,et communiquant à la maison contiguë :sur leurs murailles était représentée

20