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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

ijô

la fable de Persée délivrant Andro-mède .

La communication de cette taverneavec la chambre dont je viens de par-ler et avec la maison qui, à en jugerpar la beauté de ses fresques, devaitappartenir à un riche personnage, nese peut expliquer qu’en pensant que ,plus avide que délicat, le propriétairey faisait vendre le produit de ses do-maines , et fermait les yeux sur cemoyen d’en obtenir un plus grandprofit.

Sur les murailles d’un de ces petitscabinets sont peints deux chars à qua Ireroues chargés de vin ; l’un est traînépar une paire de bœufs, et l’on est occu-pé à décharger l’autre. Au-dessus estgrossièrement figurée une perspectiveavec une fenêtre, de laquelle sort unpanier suspendu à un bâton, à peuprès dans le genre de ce que nousvoyons encore aujourd’hui dans lesbas quartiers de Naples .

Dans le second cabinet sont d’autrespeintures, Polyphéme et Galatée ;Polyphême est assis sur un rocher aubord de 1a. mer, Galatée sur le dosd’un dauphin qui l’emporte : unenymphe pêche un Amour, et troisautres sont autour d’elle. Ce sujetest souvent répété sur les murs dePompeï .

La troisième porte communique à lachambre des orgies, dont les peinturessont analogues à l’usage auquel elleservait. Ce sont des obscénités dignesdu genre de peuple pour les yeux de quielles étaient faites. Nous y trouvons ce-pendant matière à une remarque inté-ressante au sujet du costume dupeuple.Une femme y est représentée, portantau lieu de corset une pièce d’étoffe delaine rouge « mamillare » qui , luiserrant le buste, soutient la gorge etvient nouer sur l’épaule. Ce vêtement

est encore porté dans quelques pro-vinces du royaume de JNaples. Unhomme portant une tunique de couleurobscure verse à boire à un soldat re-vêtu d’une robe à larges manches, etpar-dessus une autre laissant passerla tête, et taillée à peu près dans legenre des aubes de nos prêtres. Au-dessus du militaire est l’inscription :

« Marcus. Furius. Fila. Marcum. Tulillum. »

que l’abbé interprète, en ajoutant lemot salutat. Ce salut était probable-ment le bocal de vin. Le nom de Pila,qui signifie grand vase, peut être unsobriquet donné au garçon de la ta-verne pour sa vaillanlise à boire, et àvider d’un seul trait un de ces vasespleins de vins. C’est ainsi que les Ta-rentins avaient surnommé Bocal cebuveur effréné , qui, en plein théâtre,.souilla avec une coupe de vin les robesdes ambassadeurs romains.

Au quatrième angle est une bouti-que à compartimens de marbre et àcolonnes ; deux piliers en soutiennentl’entrée.

Sur l’un on voit un prêtre conduisantun taureau à l’autel des sacrifices; surl’autre est un tableau qui nous donneà croire que nous sommes dans le ma-gasin d’un marchand d’aromates et debaume. Il nous montre une caisseénorme supportée par quatre hommesappuyés sur des bâtons ; autour de lacaisse sont plusieurs vases attachésensemble, et remplis d’un liquide onc-tueux. Au-dessus plusieurs personnessont occupées à parfumer un cadavreque l’on va brûler.

Immédiatement après la boutiqueest une maison, dont un des piliersqui décorent l’entrée a un Mercurepeint avec tous ses attributs. A sespieds est un globe, autour duquel sereplie un serpent, dont la tête est