élevée vers le dieu qu’il semble im-plorer. J’ai déjà dit que le serpentétait regardé par les Anciens commeun talisman de bon augure. Sur l’autrepilier est également un globe, unecorne d’abondance pleine de raisins,et une Minerve, casque en tête, lanceet bouclier à la main; elle verse de laliqueur sur un autel où une jeune filletend le creux de sa main pour la re-cueillir. Le sens de cette allégorie estassez difficile à saisir. Dans la boutiquesont un Jupiter et une Junon avecleurs emblèmes , l’aigle et le paon.
Dans une des récentes excavations,un des objets les plus attendrissansqui aient été trouvés, sont deux sque-lettes étroitement embrassés. La struc-ture des os les a fait juger de sexesdifférens. Leurs dents, bien conservées,ont fait présumer qu’ils étaient dans lavigueur de l’âge. On devine qu’untendre sentiment unissait ces deuxmalheureuses victimes, et qu’au lieude fuir chacun de leur côté au signaldu danger, ils employèrent à se cher-cher le temps qui devait assurer leursalut. Réunis, ils tentèrent ensemblede se soustraire à la mort; mais il étaittrop tard, les murs s’écroulaient, lescendres s’amoncelaient autour d’eux ;ils voulurent alors exhaler leur derniersoupir dans une douce étreinte. Seprécipitant dans les bras l’un de l’autre,les dernières convulsions d’une mortaffreuse ne purent même les séparer !Qu’il devait être puissant ce sentimentqu’ils préféraient à la vie ! Quand je lesvis découvrir , il me semblait qu’autourd’eux s’émanait encore , après tant desiècles , quelque chose de cet amour sifort, si courageux, presque inconnude nos jours.
La maison des Bacchantes doit sonnom aux fresques dont ses murs sontornés. Elle contient des boutiques, et,
dans l’intérieur de l’atrium, est unpuits grossièrement incrusté de mo-saïques, représentant des griffons, desmasques et autres objets. Sa toiture, demarbre africain, fut retrouvée briséeen pièces. Les murs, au moment del’excavation de 1827, étaient couvertsde superbes peintures, dont l’une,Zéphyr et Flore, a été transportée aumusée. D’autres fresques représen-tent les dieux de premier ordre ; parmices fleures il faut distinguer un Bac-clius assis, de toute beauté. Les ara-besques sont de même fort élégans, etquelques chapiteaux offrent une cou-leur différente du corps de la colonne.On a trouvé dans cette maison quatrecercles de fer ressemblant à ceux quientourent les roues d’un char.
La maison des Vestales , composéede deux habitations bien distinctes,semble avoir été fort légèrement nom-mée, car elle pouvait être aussi le lieude deux familles amies. L’on voit sur leseuil de la seconde habitation le motSALVE, en mosaïque. Le premierappartement présente un quadrangleouvert , et dans la partie du hautune salle où l’on suppose qu’on avaitdéposé des archives. De chaque côtéest une chambre probablement affec-tée à la réception des cliens, céré-monie qui avait lieu à l’aube du jour,suivant l’usage de Pompeï . I^e secondappartement est une salle de bains,et une chambre à coucher, ornée depeintures , un cabinet de toilette, unelibrairie, une galerie, un salon ; au delàun lararium avec une place au centrepour le feu sacré, et trois niches pra-tiquées dans le mur. On a supposé queles mystères de la Bonne Déesse se cé-lébraient dans ce réduit, et qu’on yoffrait des sacrifices aux dieux fami-liers. Deux serpens étaient peints enmosaïque sur le seuil de ce lararium.