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Une chambre plus petite offre , dans lecentre de son pavé, un labyrinthe outable, sur laquelle on jouait une sortede jeu inconnu de nos jours. Une au-tre représente une corne d’abondance.On y a trouvé les squelettes d’unhomme et d’un chien, un croissantd’argent, et divers ornemens defemme. Derrière la maison on trouvadix squelettes, un desquels avait qua-tre anneaux au même doigt, des bou-cles d’oreilles, un collier, deux bra-celets, et une lanterne en bronze à lamain.
La Campanie , appelée terre heu-reuse par les Anciens, par les mo-dernes terre de labour, est couverte devignes , qui, fécondées par les matièresvolcaniques dont est semé le sol,croissent en abondance et donnent unvin exquis.
Potnpeï, au pied du Yésuve, par laproximité de la mer et la situation deson port, devait être naturellementl’entrepôt de ces vins. Il n’est donc pasétonnant que des propriétaires richesou des marchands se soient occupés dece commerce d’une manière à y ac-quérir des richesses immenses ; et, parsuitede cette opulence, sesoientdonnéchez eux toutes les jouissances du luxe.Ceci nous explique et la multiplicitéet la nature des ornemens que noustrouvons dans une maison que le genrede ses peintures a fait nommer lamaison du Faune. La quantité d’am-phores qu’on y a trouvées ht d’abordcroire que c’était un potier qui l’habi-tait; mais en y réfléchissant il est aiséde conjecturer que cette industrie esttrop pauvre, et offre trop peu de res-sources pour fournir à celui qui l’exercedes bénéfices qui le mettent dans le casde vivre dans le faste. Il faut doncpenser au contraire au riche commerced’une denrée si abondante, et qui offre
autant de ressources entre les mains decelui qui sait les mettre à profit. Lesmurs et les pavés en mosaïque sontcouverts d’allégories , toutes ayanttrait à Bacchus , et la dispositiondans laquelle étaient rangées les am-phores dans les cours et sous les por-tiques , donne à croire qu’on les y avaitdéposées en attendant la récolte, puis-que ce fut vers la fin de l’été que lacatastrophe eut lieu. Il cesse de pa-raître étonnant que ce trafic eût telle-ment enrichi un particulier, et qu’àl’exemple imité depuis à Gênes à Ve-nise , et à Florence , il se fût fait bâtirune maison où il eût déployé tousles genres de somptuosités qu’on re-trouvait chez les grands.
Cette maison, comme celle de Pansa,forme une île dessinée par quatre rues.L’entrée principale est dans celle quilonge le temple de la Fortune. Lamaison a trois vestibules, et les deuxchambres,qui se présentent immédiate-ment à la suite, étaient destinées aucommerce. Deux escaliers indiquentun étage supérieur. Le pavé est, ainsique nous l avons déjà indiqué, unmélange de morceaux de marbre de di-verses couleurs; on y trouve le noir deParangon , le vert et le rouge antiques ;puis vient une guirlande en mosaïquede fleursj de fruits et de masques. Ilest à remarquer qu’il n’y entre aucunmorceau de verre, que les Romains, audire de Pline, mêlaient bien souventdans leurs mosaïques. Outre que celles-ci^ entièrement en marbre, présententun travail exquis elles attestent encorela plus haute antiquité.
Une autre particularité de cettemaison, ce sont les lames de plombenfermées entre la masse du muret le stuc dont on l’a recouvert. Ceslames sont ici attachées avec des cloussemés en si gwtnde abondance, qu’on