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tue du dieu. Attaché à la colonne dedroite est un monopodium , ou pié-destal à un pied, avec un bassin danslequel un tuyau caché dans la colonnemême, apportait l’eau pour les lustra-tions.
Quoique superbes dans leur arrange-ment , les colonnes de ce parvis offrentdes idées de caprice dans leur goût etdans leurs décorations. Leurs chapi-teaux sont en stuc, originairement ilsétaient doriques; une simple feuille ena fait des chapiteaux corinthiens. Lesmurs du parvis sont recouverts depeintures en couleurs vives, et repré-sentant généralement des paysages,des vues de maisons , des chambresd’intérieur avec des figures d’hommeset de femmes. Le peintre a donné à cessujets des proportions d’enfans, et destêtes d’hommes, ce qui valut à cet édi-fice le nom de maison des Nains, jus-qu’à ce que la fouille ayant été conti-nuée on 1817, on découvrit que c’é-tait un temple. Dans quelques compo-sitions, ces figures sont représentéesjouant ensemble, combattant des cro-codiles, ou occupées à des travaux do-mestiques : l’une représente Hector attaché au char d’Achille , une autreAgamemnon et Achille . Le sanctuairene présente plus que les quatre mursnoirs , élevés sur une petite hase autre-fois enrichie de marbre , aujourd’huinue.
Au fond de la cour, vis-à-vis del’entrée, est une petite chambre où setrouve une peinture inestimable , Si-lène et Bacchus ; celui-ci tient dansses mains un thyrse et un vase, etSilène lui enseigne à jouer de la lyre.Dans le mur est une niche, probable-ment pour les dieux lares. Pendantquelques années ce temple a été cen-sé dédié à Bacchus ; mais des débrisde deux statues de Vénus, et une
inscription remarquable, ont fait adop-ter une autre version, et substituer lenom de Vénus à celui de Bacchus .
Nous voici aux bains publics , outhermes , en face du temple de la For-tune.
Sénèque place l’usage des bains aunombre de ceux indispensables pour lasanté, qu’ils entretiennent, en facili-tant la transpiration et une bonne di-gestion ; d’un autre côté, il est à pré-sumer que la chaussure des Anciens ,consistant en sandales, donnait unaccès trop facile à la poussière et à laboue, et rendait les ablutions indis-pensables ; aussi les thermes publicsétaient-ils en grande quantité chez eux.
« Dans les premiers temps les bainsavaient été très-favorables à la santé dupeuple de Borne, qui pouvait se pro-curer cet avantage en payant par in-dividu un quadrant (environ deux cen-times); les plus honorables édiles nedédaignaient point d’en être eux-mê-mes les inspecteurs ; ils entraient dansles salles où le peuple se baignait, etréglaient tout ce qui avait rapport à lapropreté, et même à la température.Ces mêmes édiles avaient ordonné quele lieu destiné aux bains serait con-struit de façon à être à l’abri du ventfroid. Les bains chauds, en particu-lier, étaient exposés au midi.
» Long-temps on se trouvait si bienà Borne de l’usage des bains, qu’autémoignage de Pline on n’y connutpoint d’autre médecine pendant sixcents ans. Les bains chauds étaient leplus généralement recherchés ; cepen-dant, après la guérison d’Auguste, parMusa, au moyen du bain froid, celui-ci fut mis à la mode. » ( Dict . des Sc.Mèd. , article Bains. )
Plusieurs prenaient deux bains parjour. On appelait ces établissemensbalncœ ou thermes. Le premier de ces