noms s’appliquait plus particulière-ment aux bains privés, l’autre à cesmonumens élevés sous les empereurs,et qui contenaient^ outre les salles debains , des jardins, des portiques , desplaces, une bibliothèque, et tout cequ’on trouvait dans les gymnases etdans les palestres des Grecs. Quoiqueles thermes de Pompeï ne fussent pasconstruits avec cette magnificence, ilsétaient cependant fournis de tout cequi pouvait y paraître nécessaire.
Onles ouvrait àla pointe du jour ; lespersonnes riches ne les fréquentaientpas aux premières heures de la jour-née , elles préféraient y aller entre midiet le coucher du soleil. Les débauchésdifféraient jusqu’après souper, et auxheures avancées de la nuit, commeplus propices à favoriser les plaisirsqu’ils allaient y chercher.
Les thermes de Pompeï ont été dé-couverts en 1824. Voici ce qu’en aécrit M. de Chateaubriand :
« Les fouilles se continuent avecpersévérance et avec beaucoup d’or-dre et de soin : on vient de découvrirun nouveau quartier et des thermessuperhes. Dans une des salles, j’ai par-ticulièrement remarqué trois sièges enbronze, d’une forme tout-à-fait in-connue , et de la plus belle conserva-tion. Sur l’un d’eux était placé lesquelette d’une femme dont les brasétaient couverts de bijoux, en outredes bracelets d’or; dont la forme étaitdéjà connue; j’ai détaché un collierqui est vraiment d’un travail miracu-leux. Je vous assure que nos bijoutiersles plus experts ne pourraient rienfaire de plus précieux ni d’un meilleurgoût.
» Il est difficile de peindre le charmeque l’on éprouve à toucher ces objetssur les lieux mêmes où ils ont reposétant de siècles, et avant que le prestige
ne soit tout-à-fait détruit. Une descroisées était couverte de très-bellesvitres, que l’on vient de faire remettreau musée de Naples . »
Ces thermes ont six entrées. Cellepar où l’on pénètre aujourd’hui donnedans un vestibule couvert; longeantun atrium, rendez-vous des personnesqui se présentaient pour prendre lebain. Ce vestibule, garni de sièges enbronze , se nommait apoditerium ouspoliatorium ; au-dessus sont des trousdans le mur où étaient enfoncées deschevilles en bois pour pendre les ha-bits ; on en a même trouvé quelques-unes à moitié brûlées. Les vêtemensétaient confiés à la garde d’un hommeappelé Capsarius , qui suffisait, malgréla foule, pour prévenirlesvols, grâces àla sévérité des lois, qui ne sauraient tropprotéger les intérêts particuliers dansles établissemens publics. Quelquefoisl’apoditerium était garni de couchettesfermées par des rideaux, coutumequ’on retrouve dans les bains turcs.
Une fois dépouillé de ses vêtemens,on entrait d’abord dans le frigidarium.Celui de Pompeï est construit circulai-rement avec des niches dans le mur,garnies de petites baignoires ; dans lehaut se trouve une ouverture, ferméepar de larges carreaux de verre. On ya trouvé treize cents lampes de terrecuite, d’une même forme et à un seulbec, deux verres fixés dans des cadresde bronze, et une infinité de carreauxde verre cassés, dont quelques-unssont convexes , une épée avec sa poi-gnée en ivoire , les débris d’une statueéquestre en bronze d’un travail mé-diocre ; un squelette et une soixantainede monnaies d’argent.
Ceux qui fréquentaient les bainsdans un but sanitaire, ne dépassaientguères le frigidarium, qui contenaiten outre un large bassin « piscine »