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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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est cependant resté assez pour fairejuger de sa magnificence ; c’est le mar-tre sanguin, le rouge et le jaune an-tique, et jusqu’à des morceaux d’al-bâtre d’Orient.

Dans le troisième corps de bâtimenson a trouvé peint sur un mur blanc,une miniature représentant une dansede bacchantes d’une composition ex-quise. Par terre était un candélabre enbronze, monté sur trois pieds, disposésde manière à figurer l’emblème de laSicile . Dans l’appartement derrière l’a-trium étaient de superbes vases enbronze et des lampes.

La seconde porte d’entrée commu-nique à cette partie , qui fut décou-verte en 1829, et qu’on nomme mai-son d’Apollon . Ce nom lui vient desnombreuses peintures de ce dieu qu’ony a retrouvées. Les murs de quelques-unes des chambres sont couverts d’ara-besques en état parfait de conservation,et d’ornemens en stuc, dont un, leseul de cette nature, représentait desobjets licencieux ; sur le mur, en face ,étaient deux superbes peintures donton n’a pas pu deviner les sujets. Ona découvert aussi une jolie table oblon-gue de marbre blanc , supportée pardes pâtes de griffons ailés , et si bienconservée , quelle semble sortir desmains du sculpteur; un pavé en mo-saïque, représentant des Amours en-chaînant un lion avec des guirlandesde fleurs : des prêtres de Bacchus en-tourent le lion et les Amours.

Les fouilles de la maison d’Apollon ont donné au musée un buste de gran-deur naturelle, et un petit buste deTibère dans sa jeunesse , tous deuxen bronze , un mortier et son pilon enbronze antique , une romaine avec soncontre-poids représentant Mercure ,des candélabres , une boîte de piluleset une singulière statuette, en marbre,

d’Hercule donnant à manger à unchien.

Toute la rue de Mercure est lethéâtre des nouvelles fouilles; on lesa continuées jusqu’aux murailles de laville qui la terminent, et ensuite on arepris une ligne latérale, dans laquelleon a commencé par la maison du Faune,ou de la Mosaïque . Je voudrais com-muniquer au lecteur le plaisir que j’é-prouve à parcourir toutes ces habi-tations, dont les peintures, à peinesorties de terre, ont conservé les cou-leurs les plus vives. Les amis des artsdoivent rendre grâces aux conserva-teurs de Pompeï , car c’est ici que l’ona apporté plus de soins à couvrir detoits les restes si intéressans de la villeressuscitée.

Dans cette rue de Mercure on atrouvé un grand nombre de squelettes,une petite chaîne en or émaillé , qua-tre bracelets , quatre anneaux d'or,une pièce d’or à l’effigie de Yespasien,soixante-trois monnaies d’argent etvingt-huit de bronze 1 .

Le blé chez les Romains, comme chezles modernes Italiens , formait la princi-pale base de la nourriture. Avant laguerre contre Persée, roi de Macédoine,il n’existait point de boulanger dansRome , chaque famille faisait son painchez elle, usage encore existant dansle royaume de JNaples. Dans la classepeu aisée on chargeait les femmes deces fonctions ; chez les riches c’étaientles esclaves, qui réduisaient ainsi leblé en farine au moyen de pilons ; parla suite des boulangers s’acquittèrentde ce travail^ ils furent appelés pourcela pistores , et leur établissement pis-

1 Souvent nous passons sous silence , ainsi quenous le faisons ici, le détail des peintures, sta-tues, figurines, candélabres et autres objetsprécieux qui ont été recueillis dans les fouilles.On conçoit en effet que ce détail deviendraittrès-fastidieux à force de répétition.