en était percé, et le buveur était obligéde placer son doigt sous cette ouverturependant qu’on lui versait à boire, aprèsquoi, l’élevant au-dessus de sa bouche,il en laissait échapper la liqueur; plustard on eut l’idée d’adapter une oudeux anses à ces cornes, puis on cher-cha à les embellir par des peinturesreprésentant divers animaux ; on dis-posait l’extrémité de façon à en fairedes têtes de bœufs, de cerfs ou autres,à celui-ci est une tête d’aigle avec desoreilles de bélier ; les artistes de cetemps s’amusaient avec des peintures,espècede caricatures quelquefois d’uneexécution parfaite.
Voici, n°. 19, un des vases en bronzeles plus élégans qui ait été retrouvé,tant par sa forme que pour les ornemensqui le décorent. Il est haut d’un pied.Les deux anses mobiles sont mêléesd’argent et ciselées dans la dernière per-fection ; baissées, elles se dissimulentdans le rebord ; relevées, elles se réunis-sent dans le haut, et servent à saisirle vase commodément, et à le transpor-ter sans la moindre oscillation de laliqueur qu’il peut contenir, à cause dela parfaite observation des lois de l’é-quilibre. La bordure supérieure estornée d’argent et semée de clous enor. C’était le goût de l’antiquité la plusreculée. Homère , faisant la descriptiondu sceptre d’Achille , dit qu’il était or-né de clous dorés.
Sur les deux anses est gravé le nomde la propriétaire du vase, CorneliaChelidone , ce qui le range dans la classede ceux appelés lîtterati , que nous tra-duirons par lettrés.
Plaute fait allusion à cet usage lors-que, parlant d’une urne, il dit :
Nam liac litterata est : ab se canta cuja sit.
ltun., act. n, sc. 5, v. ai-
Elle est lettrée, d'elle même elle dit à quielle appartient.
N.
N°. 20. Ce vase en bronze était des-tiné aux usages domestiques, il servaità porter toute sorte de liqueur ; il n’estpas inutile d’observer que, quoiqueprivé d’ornemens, il n’en fait pas moinsressortir les idées ingénieuses des An-ciens. Avec quel goût est fait ce re-bord aux parois supérieures du vase ,et ces pointes qui entourent les an-neaux par où passe l’anse ! Ces pointessont faites pour empêcher l’anse devenir en retombant rayer et abîmer levase; quel travail délicat dans le seulornement qu’on y voit !
N\ 21. Vase en bronze de huit pou-ces. Sa forme est très-belle et il estsimple dans les ornemens.
N°. 22. Vase en bronze , haut dedix pouces et demi. Si l’on en ôtel’anse, sa forme est presque celle d’uncothurne ; il est d’un fini achevé; maisce qui le rend précieux, c’est son anseformée d’une branche courbe ornéede feuillages, et appuyée dans sesdeux rameaux sur deux cornes d’a-bondance.
Ce vase, par ses ornemens et sesemblèmes, paraît appartenir à ceuxdestinés pour le vin, et qui auraientété adoptés, tant dans les sacrificesque pour les usages domestiques. Ce-pendant, leur petitesse paraîtrait fairesupposer qu’on s’en servait plus par-ticulièrement dans les cérémonies reli-gieuses, peut-être en l’honneur deBacchus. Alors l’enfant ailé serait unBaccbus. Sajeunesse, sa beauté, l’outrequ’il tient dans ses mains, seraient au-tant de signes auxquels il faudrait lereconnaître. Les ailes ne pourraientpas sembler étranges, puisque souventce dieu est représenté avec cet attri-but. Pausanias parle de Baccbus Psila,e’est-à-dire ailé, en disant qu’on peutbien lui attribuer des ailes, puisque levin l'anime les hommes et rend leur