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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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CAPOUE, MON!

changer de lieu, il lui faut avoir recoursà la méthode que lui ont léguée sespères, et que ceux-ci tenaient des Grecsleurs aïeux, il se pourvoit de lettresde recommandation pour les villes où.il doit s’arrêter; il est reçu avec plaisirpar les familles auxquelles il est adres-sé, et quelle que soit la durée de sonséjour sous le toit hospitalier, il n’enest pas moins toujours bien traité.

A Naples il n’existe pas, ainsi qu’enFrance , des diligences sillonnant lepays dans tous les sens ; on trouvedes voitures, pour un voyage quel-conque , à la porte Capouana, arc detriomphe en marbre blanc , et ornéde bas-reliefs remarquables. Construità quelque distance du lieu où il estaujourd’hui, il en fut déplacé parFerdinand d’Arragon, qui sans doute,en mémoire de cet acte, y fit poser sastatue, que l’on enleva, l’on ne saitpourquoi, lors de l’entrée de Charles-Quint .

De la porte Capouana, en suivant larue de Saut - Antonio Abbate , et lais-sant à droite Ponte Oscuro , quartiercrapuleux de la ville, on arrive à Ca-po di Chino , hauteur qui domineNaples , où Murat avait fait son Champ-de-Mars, et où il faisait manœuvrerl’armée qu’avec tant de peine il avaitorganisée dans son royaume. Deuxroutes y conduisent, l’ancienne estune montée rapide et très-désagréa-ble en hiver. La Nouvelle, appeléeroute du Camp , fut construite par lesFrançais . Sa pente douce et ses nom-breux zigzags en ont fait une prome-nade fort belle, mais déserte unegrande portion de l’année. Les joursde revue ou de courses de chevaux,qui ont toujours lieu au camp , elleest couverte d’équipages, et le lende-main elle retombe dans sa solitudehabituelle.

-CASSIN, etc. 191

Sur la hauteur de Capo di Chinoest le bâtiment de l’octroi, qui par saforme ronde ressemble à un petittemple surmonté d’un dôme. Ici lascène change , plus de maisons, plusde pavé , plus de bruit, on jouit ducalme de la campagne : des peupliers,des ormeaux servent de soutien à lavigne, dont les ceps , chargés de rai-sins, protègent de leur ombre lesjeunes plantes confiées <à la terre, etqu’une chaleur dévorante brûlerait.C’était au moment de la vendange :des hommes robustes, au visage co-loré, debout sur des échelles, dépouil-laient les ceps de leurs fruits , tandisque de jeunes filles à la noire chevelureles recevaient dans des corbeilles. Cespampres , jetés d’un arbre à l’autre ,s’enlacent gracieusement aux bran-ches, forment une triple guirlande defeuillage au-dessus des plus beaux ta-pis de verdure, et donnent toutel’annéeà la campagne, éclairée par un soleilsans cesse radieux , un air de fête.C’est l’ulmis adjungere vites de Vir-gile.

Ergo aut aclulta vitium propagineAltas maritat populos.

Hor., Epod, 11, v. c).

Tel nous voyons le lierre s’enlacer aux ormeaux,La vigne au peuplier mariait ses rameaux.

Trad. de Cauvaxk.

L’heure du repas arrive-t-elle, lesvendangeurs suspendent tous travaux.A peine terminé, le tambour de bas-que se fait entendre, et tandis queles plus âgés restent assis et se passentles bouteilles à la ronde , en marquantla mesure, les plus jeunes se lèventet dansent la tarentelle, cette dansenationale, que l’on retrouve en pro-vince comme dans la capitale. Je m’ar-rêtai souvent pour contempler ces scè-nes d’un paisible bonheur.

Voici de quelle manière M. Lullin