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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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de Châteauvieux nous peint la cam-pagne de Naples , éternel sujet de monadmiration.

«Sous cet ombrage je voyais croîtreavec vigueur de jeunes plantes de fè-ves, dont la semence n’avait été con-fiée à la terre que depuis la moisson ;cette végétation naissante me rappelaitle printemps de mon pays. Plus loins’élevaient des tiges de maïs, une teintepurpurine annonçait leur prochainematurité. Dans le champ voisin, delongues rangées de melons répandaientleur parfum dans les airs. Des touffesde figuiers, de pêchers et d’aloès s’é-taient établis d’eux-mêmes sur les bor-dures de ces champs, et semblaientoffriravec complaisance leurs fruits auxlaboureurs. Je me suis arrêté pourcontempler cette scène champêtre ,et je vis venir à moi de jeunes vil-lageoises, conduites aux travaux deschamps par le son du tambour de bas-que ; elles se tenaient par la main etdansaient en se suivant dans le sentierque j’avais choisi.

» J’aurais voulu prêter à ces filles duMidi le costume et la fraîcheur des pay-sanes de Florence ; car elles n’avaientdes femmes delà Toscane que la gaietéet l’abandon. La nature, en donnant auxNapolitaines tant de moyens de bon-heur, leur a refusé celui de plaire parune grâce naïve et par une fraîcheurattrayante. Leur physionomie est dure,leur teint olivâtre, et rien ne plaît enelles, si ce n’est l’instinct merveilleux,au moyen duquel elles devinent lesaccords secrets qui existent entre lesmouvemens, les sons et les pensées.

» Je rencontrai des laboureurs , quim’indiquèrent le chemin que je devaissuivre. J’en pris occasion de les ques-tionner sur leurs travaux champêtres.'Ces villageois étaient les métayers ,et le plus intelligent d’entre eux m’ex-

pliqua en ces termes l’économie ruraleadoptée dans les terres à cendres desenvirons de Naples :

» Nous autres pauvres métayers,me dit-il, ne prenons à ferme que l’es-pace que nous pouvons cultiver avecnotre famille, c’est-à-dire quatre oucinq arpens. Notre condition n’est pasheureuse , puisque nous ne gardonspour nos peines que le tiers des récol-tes, les deux autres appartiennent aumaître, et nous les acquittons en nature.Nous n’avons pas de charrues et culti-vons tout à la bêche : il est vrai que laterre mêlée de cendres se remue aisé-ment, et nos enfans même nous aidentdans ce travail. De temps à autre, leVésuve verse des pluies de cendressur nos champs pour les fertiliser.

» Les arbres que vous voyez dansnos terres ne sont pas inutiles ; ils por-tent de la vigne et donnent des fruits,mais nous cueillons encore avec soinleur feuillage; c’est la dernière récoltede V automne, elle sert à nourrir nosbestiaux pendant l’hiver. Nous culti-vons successivement, entre les rangéesd’ormeaux, des melons que nous por-tons vendre à la ville, après lesquelsnous semons du blé. Dès qu’il est en-levé, nous allons avec notre familleretourner le chaume à la bêche pour ysemer des fèves ou du trèfle à fleurpourpre. Pendant six mois nos enfansviennent chaque matin couper avec lafaucille une charge de cette herbe pouren nourrir nos vaches. Nous préféronsà celles-ci les femelles de buffle, parcequ’elles donnent un lait plus abondant.Nous avons aussi des chèvres et quel-quefois un âne ou un petit cheval pouraller à la ville et porter nos fardeaux;mais cet avantage n’appartient qu’auxriches métayers.

» Au printemps suivant, nous plan-tons le maïs sur le chaume du trèfle ou