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tans, portant un uniforme particulier,forment encore peuplade à part.
Dans la fabrique on me montra desmétiers de Lyon ; mais il s’en faut queles étoffes y aient acquis la perfectionfrançaise.
En construisant le château de Ca-serte, Charles III n’avait pas songé àl’eau qui manquait à cette somptueusedemeure; le génie de Vanvitelli y sup-pléa, et le magnifique aquéduc deMaddalone, ou Carolino , fut con-struit.
Nous n’avons point d’ouvrage mo-derne qui approche de cette magnifi-cence , dit Lalande, qui ne trouve àlui comparer en France que l’aquéducde Main tenon s’il eût été achevé, età peine celui du Bue , beaucoup troppetit.
Dans cet aquéduc, qui part du montTaburnus et arrive à Caserte sur unelongueur de vingt et un mille centtrente-trois toises, et par une pented’un pied sur quatre mille huit cents,il faut surtout admirer la portion ap-pelée Ponti di Maddalone , ou déliaFalle , construite dans la plaine quisépare les monts Longano et Garga-no. « Au milieu de cette vallée solitaire,dit Eustace , le voyageur est surpris àla A r ued’un magnifique pont, construitsur trois rangées d’arcs très-élevés quila tra versen t maj es tueusemënt. 11 formeune portion de l’aquéduc de Caserte .Sa longueur est d’environ deux millepieds et sa hauteur deux cents. Au-, dessus passe un fleuve dont les eauxlimpides prennent leur source dans lesenvirons du mont Taburnus, et tra-versent un pays montueux. Mais quellesque soient les difficultés, sa plus grandemagnificence se déploie dans cette val-lée, où, par sa longueur et par son élé-vation , cet aquéduc surpasse tout édi-fice de construction moderne , et le
dispute en hardiesse aux plus beauxouvrages de Rome . »
Les constructions sous terre sontaussi considérables que celles exté-rieures . On dut percer cinq fois la mon-tagne à des profondeurs poussées par-fois j usqu’à cent vingt pieds, sur desespaces plus ou moins longs, dont un deonze cents toises. Quelques-uns despuits ont été forés à deux cent cin-quante pieds sur dix de diamètre. C’esten creusant ces fondations, près duLongano , que l’on trouva à quatre-vingt-dix pieds, dans une cave spa-cieuse, quantité de squelettes à demiréduits en poussière. De quelle anti-quité devait être cette sépulture, puis-que les ouvrages des Romains prouventque le terrain était à peu de chose prèsau même niveauqu’aujourd’hui, et quel’on ne peut guères supposer que cescadavres aient été enterrés à plus devingt pieds. Combien de siècles a-t-il fallu pour former les soixante-dixautres !
Quittant ces lieux et ces monumensvraiment grandioses, la route me con-duisit bientôt à un petit hameau appe-lé aujourd’hui Forchia , où l’on recon-naît le célèbre défilé des FourchesCaudines, si fatal aux aigles romaines(PI. 76). L’armée, d’après Tite-Live ,était campée au midi de Calatia « Ga-lazze», à six milles de Capoue. Le gé-néral samnite était retranché à Cau-dium, dont Arpaja occupe le site. Cefut dans cette vallée qu’il eut l’adressede faire engager les légions romaines,et qu’après les avoir vaincues il les fitpasser sous le joug; victoire qui parla suite fut si fatale aux Samnites, etdont la honte ne fut lavée que par ladestruction de ce peuple vaillant.
Il est à croire que le terrain a beau-coup changé d’aspect par les travauxque les Romains auront entrepris pour