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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

en bronze, couverte de bas-reliefs; jevis encore le pont moderne , construitpar Vanvitelli , et je dis adieu à Béné-vent et à la voie Appienne, qui m’au-rait conduit à Brindisi , sur la routesuivie par Horace. J’en pris une de tra-verse pour me rendre au mont Cassin.Par accord avec mon voiturier, je menourrissais dans la journée, et le soiril était obligé de pourvoir à mon sou-per et à mon gîte. La chère que jefaisais n’était pas des plus succulentes,du porc frais et des œufs cuits sous lacendre en faisaient presque toujoursla base principale; pour le vin il étaitbon partout; mais le pain était malpétri et mal cuit, détestable, quoiquefait du plus pur froment.

De Bénévent j’allai à Piedimonted’Alife; cette petite ville m’éloignaitde ma route, mais il m’était impos-sible de ne pas me détourner, c’étaitma seule station jusqu’à Venafro, queje ne pouvais gagner en un jour. Cô-toyant la rive droite du Yolturne ,fleuve aux eaux jaunâtres et bourbeu-ses qui ne peut porter bateau, j’arrivaien face d’une jolie avenue de peuplierstirée au cordeau , qui me conduisitjusqu’à la ville peuplée de six milleâmes, et faisant partie des fiefs du ducde Laurenzana. J’avais une lettre pourlui ; j’en fus reçu avec aménité, et l’or-dre fut donné de me préparer un loge-ment dans le palais, cliâteau-fort dumoyen-âge, sur la hauteur, et capablede soutenir un siège. Le duc eut la bon-té de m’indiquer les choses les plus(remarquables, s’ofïrant de me servirde guide.

Piedimonte, ville toute moderne,qui passerait pour village en France ,mais qui dans le royaume est une sous-préfecture, est mal bâtie, dans l’enco-gnure de deux montagnes auxquelleselle est adossée. Elle a des ressources

immenses dans une source d’eaux vives,qui se partagent en plusieurs ruisseauxdans la ville, se réunissent à la sortie,et forment ce qu’on nomme dans lepays le torrent , qui va se jeter dans leVolturne , à quatre milles. Combien devilles manufacturières se trouveraientriches avec une source semblable! Unepapeterie et trois fouleries de drapmal construites sont les seules usinesqu’on y voit. En 1806,un Suisse , frap-pé de ces avantages, fit venir une co-lonie de son pays, et sacrifia des som-mes considérables pour y établir unemanufacture de toiles de coton qui s’ytraîne péniblement.

Accompagné par ce bon M. Egg, quej’avais connu à Naples , véritable typesuisse , franc et loyal, et joignant à lasimplicité des mœurs de ses monta-gnes la plus grande science, j’allaifaire une visite à la source du torrent.Ce site lui plaisait par sa ressemblanceavec le Saint-Gothard , et lui rappe-lait sa patrie.

Du bas de cette montagne, nousnous dirigeâmes vers la solitude , àmi-côte, et qu’on appelle couvent deSaint-Pascal. Ici les champs s’élèventen terrasse, et des gradins soutiennentla terre qui serait emportée par lesavalanches d’eau. La vigne, le peu-plier, les ormes, se groupent partoutavec grâce, l’olivier y mêle son pâlefeuillage, et semble placé là pour adou-cir les teintes, et donner à la campagnequelque chose de vaporeux, d’aérien,d’un charme indicible. Sur la route,mon compagnon me fit voir une grottesur les parois de laquelle sont desfresques grossières, datant, suivant lachronique du pays, de la persécutiondes chrétiens sous Dioclétien. Le cou-vent, habité par un petit nombre demoines mendians, offre le site le plusromantique. La chapelle, le réfectoire,