aussi des rues opulentes , embelliespar les recherches et les trésors del’industrie. Ici plus de traces de vol-cans, et des désastres don t ils ont com-blé les vallées ; une population active,autant qu’elle est intelligente, va, vient,retourne, circule, et se montre, aujour naissant ainsi qu’à son déclin ,dans des murs qui renferment un pre-sidio ou préfecture, et des tribunauxde première et seconde instances. Em-preinte de plus d’un usage français ,qu’elle prit lors de la présence de notrearmée dans ses murs, cette populationest à coup sûr une des plus civiliséesdu royaume de Naples , et pourtant,malgré toutes ces causes de civilisationet de bonne police, surgissent souventencore sur son territoire des brigands,dont il semble que la race homicidesoit indestructible dans ces belles etfécondes contrées. Là, les Vardarelliont, entre autres, long-temps exercéleurs rapines dévastatrices, et ce n’estqu’après les efforts incessans et coura-geux du pouvoir, que ces brigands ontenfin disparu.
Au pied de Chieti , où, indépen-damment d’un préfet, réside un arche-vêque , est une autre cité qu’on diraitsa fille, mais qui pourtant, est beau-coup plus importante, car elle est unedes clefs du beau et fertile royaumede Naples qu’elle défend. Cette villeest Pescara , dont le nom est le mêmeque celui de la rivière qui la baigne àl’occident. Des fortifications à la Vau-ban , une population uniquement com-posée de la garnison et de pécheurs ,voilà tout ce qu’on y trouve; et, malgrécela, il est impossible de voir un siteplus magique que celui dans lequel Pes-cara est placée. Baignée par les eauxdouces cl’un fleuve, elle l’est encore parles flots bruyans de la mer Adriatique .Son horizon est çà et là semé de mon-
tagnes qui semblent autant de géansescaladant le ciel, et des forêts de pins,jointes à dévastés et opulentes rizières,composent ses richesses agricoles.
Continuons notre exploration despittoresques Abruzzes , en évi tan t toute-fois le rivage de la mer, qui, toujoursplat, et privé de villes et même de ha-meaux, révèle l’indigence au lieu dela richesse. L’intérieur des terres estce qui nous convient, et déjà les cam-panilles ou clochers des églises deLanciano , bourg aussi opulent qu’ilest étendu, signalent le chef-lieu dela deuxième Abruzze .
En attendant que nous y entrions,parlons un peu des héroïques Samnites,car bientôt nous quitterons le sol oùleurs ossemens sont enfouis, et nousaurons occasion de parler d’autres peu-ples. Divisés en Samnites, Pentri etIrpini , leur territoire s’étendait de laCampanie à Bénévent . Le Taburne ,mont célèbre dans les Géorgiques deVirgile , les séparait ainsi que le Ma-teso , dans lequel gronde encore le vol-can qui désole leurs descendans. Papi-rius fut d’abord le consul que Romeleur opposa, et sous les coups duqueltombèrent Sepinum , une de leurs citésles plus opulentes; Murgantium, Vo-’laciuni et Duroniuni la suivirent, etbientôt tout le Samnium qu’aclieva desaccager Livius, successeur de Papi-rius , ne fut plus qu’un théâtre de dés-espoir et de ruines. En vain, habiles àréparer leurs pertes, et prompts à seremettre en campagne, les Samnites yreparurent et luttèrent pendant prèsd’un siècle contre leurs ojrpresseurs ;ils durent succomber, et ne recueillirentde gloire que celle de les faire passersouslcs F ourdies Caudines. Mais,indé-pendamment de cette sorte de piloriauquel ils attachèrent justement leursvainqueurs , ils leur causèrent la mort