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des deux Décius , sans contredit lesplus grands de leurs généraux et deleurs plus grands hommes. Rome n’eutpas, dans Caton lui-même, de meil-leurs citoyens, et seuls, ils résumentle héros d’Utique et celui de Phi-lippes.
Situé dans un territoire non moinsfertile que Chieli, Lanciano est loincependant d'offrir au voyageur l’aima-ble et commode hospitalité de la pre-mière de ces villes. Mais comme elle aune foire annuelle à laquelle se rendentla plupart des populations des Abruz-zes, félicitez-vous d’arriver dans sesmurs en de pareils jours ; vous y trou-verez force produits de manufacturesindigènes , et surtout des races de ceschevaux napolitains qui, Andalouxd’origine, ne sont ni sans ardeur, nisans vitesse.
L’agriculture de l’Abruzze est, engénéral, la même que celle de la terrede labour, quoiqu’il soit plus difficileau cultivateur de la perfectionner dansl’une que dans l’autre de ces provinces.Mais les blés, les olives et les vins ysont partout l’objet de ses soins et letriple produit de ses récoltes abondan-tes. De grands bœufs blancs, aux cor-nes immenses, tels que l’étaient ceuxque ses antiques devanciers livraientaux pontifes pour les sacrifices, traî-nent la charrue, comme elle est traînéepar des chevaux dans lafertile Neustrie.Unerace de moutons, hauts sur jambes,tels que le sont ceux de la Lombardie ,pâture en ses champs , et ne vaut pas ,à beaucoup près, celle plus petite dontbientôt nous verrons d’innombrablestroupeaux en Pouille. Le gibier abon-de aussi dans les Abruzzes , ainsi quele poisson de mer et de rivières, sibien que rien ne manque à l’hommedans ces contrées privilégiées du ciel,s i ce n’est plus d’instruction et de meil-
leures lois , que les princes sans doutelui donneront un jour.
Mais nous ne laisserons ni le comtéde Molise, ni les Abruzzes , sans parlerdes costumes pittoresques de leursrustiques babitans (PI. 83). Toutgrossiers qu’ils sont, et faits d’une laineindigène tramée sur des métiers dontun art élémentaire a seul croisé et re-croisé les fils , s’ils ne brillent paspar leur tissu, il n’en est point ainside leurs couleurs, toutes éclatantes,ni de leurs formes, remarquables parleur ampleur. Chose singulière , etque l’on aurait de la peine à croire sielle n’avait le caractère irrévocable del’évidence ; celui de la femme du comtéde Molise se compose d’abord d’unecoiffure que l’on dirait empruntée auxantiques prêtresses d’Isis, puis d’uncorset largement évasé, auquel se rat-tachent des manches bouffantes par lehaut, et qui sont retroussées par lebas ; un tablier festonné se déroule au-dessous, et recouvre une jupe immenseque borde un triple rang de rubansde couleurs variées.
La bure, avec laquelle la robe estfaite, est souvent rayée; des chaînesd’or, et autres bijoux, parent celle quila porte , et tout dans elle, malgrél’indigence rustique , annonce l’ai-sance et le contentement. Quant aucontadino, ou paysan, malgré le drapgrossier dont il est vêtu, la recherchene s’y fait pas moins remarquer dansles ornemens et les bordures. L’habitest long, carré ; le gilet large, galonné ;les culottes et les bas d’une couleuruniforme, et le chapeau ordinairementserré par un ruban pourpre. Rien deplus pittoresque qu’un semblable cos-tume , dont l’origine est bien cer-tainement antique, tant pour la fem-me que pour l’homme, mais qu’é-clipse, par sa recherche et sa richesse,