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se consommer leur infortune : car Pon-tius , leur général , qui fut pour euxce que Camille fut pour les Romains,y subit à son tour le supplice qu’endu-rèrent ces derniers dans la vallée deCaudium. Singulier autant que mal-heureux destin ! Lucera , située dans unterritoire inépuisablement fertile, sereleva de ses ruines ; mais l’aïeul del’immortel Julien , l’empereur Con-stance et les Lombards, les plus férocesdes barbares, la détruisirent de nou-veau , et depuis ce temps elle n’a purecouvrer sa splendeur passée.
Charles II d’Anjou, roi de Naples ,a doté Lucera d’une cathédrale bâtiedes décombres de la cité des Samnites,et bien que frustes , une foule de sta-tues , que l’on trouve encore parmi cesdécombres, attestent l’art étrusque etcampanien, qui a plus d’un rapportavec celui de la vieille Egypte .
Voici la ville où mourut le vain-queur inhumain de la maison de Soua-be, et Foggia , dans laquelle nousentrons, console de sa mémoire san-glante par le tableau aussi riant qu’a-nimé quelle dire aux regards duvoyageur.
Assise au milieu d’une plaine devingt milles d’étendue, située entre lamer Adriatique et la mer Méditerranée ,et l’entrepôL des denrées, tant exotiquesqu’indigènes, du royaume de Naples ,Foeina sourit en ellèt à l’œil de l’ami
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de l’humanité; et la foire quelle tientdans l’été a pour objet d’écouler lafoule de produits agricoles quelle ren-ferme dans ses murailles : toutes lespopulations y accourent, et reine pourainsi dire de la Fouille , elle verseau loin les trésors du commerce et del’abondance ; en vain le terrain que l’onfoule en sortant de ses murs est pul-vérulent dans l’été ; il n’en est pasmoins fertile, et d’innombrables mois-
sons d’épis y surgissent de toutes parts.Des chiens énormes sont les gardiensde troupeaux immenses, et tout an-nonce sinon l’opulence , du moins uneaisance , garant du bien - être de seshabitans. Véritables transhumantes ,les moutons , qui tels que les flots écu-meux de la mer recouvrent son terri-toire, la quittent dans l’été pour allerpaître sur les Apennins , et reviennent,au printemps et dans l’hiver, engraisséspar la lavande et le thym dont ils senourrissent dans les montagnes.
Nous voici foulant à chaque pas lesol des héros, tant du moyen que del’ancien âge. A peu de distance deFoggia est Manfredonia , dont le nomrappelle le digne et malheureux reje-ton du fier Frédéric II , et nous saluonsà la fois et ses murs et les ruines deSipuntum , cité fondée par Diomède ,à son retour du siège de Troie.
Manfredonia est bien percée et com-merçante, sinon autant que Foggia,mais à proportion de sa population demoitié moins grande que celle de cettedernière ville ; Diomède , surnomméle bâtisseur de villes, construisit Si-puntum auprès des ruines de laquelles’élève le Monte Gargano , où Saint-Ange , célèbre par les pèlerins nom-breux qui y allaient visiter un des pre-miers sanctuaires de la catholicité.
Rentrés dans la brûlante plaine dela Pouille, nous allons l’explorer surses points les plus importans ; et Can-nes , où Rome fut à la veille de périr àson berceau par les mains d’Annibal,va fixer pendant quelque tempsnos pas.
Campo del Sangue, où Champ duSang, tel est le nom que porte encorede nos jours Cannes et son territoire,si douloureusement célèbre; nous yarrivons, et décrirons succinctementle combat qui ne lui a que trop bienmérité cette épithète.
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