partageant, d’un plan pour affermir etrégir l’empire romain, devenu leur hé-ritage.
Métapontebrillait jadis auxbordsdufleuve qui lui a donné son nom ; maisl’on ne trouve d’elle maintenant quequelques colonnes d’ordre dorique, bienmoins faites pour fixer l’attention duvoyageur, que pour rappeler les souve-nirs du philosophe qui, de tous ceux del’antiquité, eut le carac 1ère le plus élevé,et professa la doctrine la plus sublime.Législateur et réformateur de la grandeGrèce, c’est à lui comme à ses disciplesqu’elle dut une illustration dont lemonde retentit encore,et des prospé-rités qui , sans l’ambition romaine,auraient éclipsé l’éclat dont Sparte et Athènes jouirent pendant une lon-gue série de siècles. Admirateur dessplendeurs de l’univers, le sage ap-pelait Dieu le grand architecte deschoses , et ses découvertes dans la phy-sique , les mathématiques, jointes àla fondation de sociétés secrètes danslesquelles les adeptes se formaient auxtalens comme aux vertus, ne furentqu’une partie de ses grands et immor-tels travaux. Pythagore reprochait àHomère ses dieux aux passions et auxfaiblesses humaines, et ceux delà théogo-nie d’Hésiode étaient égalementle justeobjet de ses mépris; il n’y a qu’un Dieu ,disait-il, et la pluralité de ceux chantéspar ces grands poëtes est un outrage àla raison ainsi qu’à ce Dieu lui - même :de sorte que Pythagore était bibliquesans le savoir, ou peut-être avait apprisdans l’Orient, où il avait voyagé, lathéogonie de Moïse . Son demi-urgosest le Jéhova des Hébreux. Il fonda àCrotone ,où nous allons nous transpor-ter, une de ses écoles les plus suivies etles plus célèbres ; un temple hexastylede cent pieds de long sur cinquantede large, y brillait adossé à un bâti-N. '
ment immense, et c’est dans ce dernierque, sur des gradins, assis, une foule dejeunes initiés étudaient, et les jours etles nuits , les lois de l’univers et cellesdes sciences. Mais il est temps de nousrendre à Héraclée, qui dispute à Méta-ponte sa gloire et sa célébrité.
Située entre YAcris et le Syris ,fleuves qui baignaient ses antiques mu-railles , Héraclée , dont comme Méta-ponte il ne reste que la poussière ,fut la patrie de Zeuxis , qui y peignitson tableau de Vénus, et l’y présenta àtoute la Grèce assemblée ; Héraclée est,comme on voit, une ville aux doux ettouchans souvenirs; Pandosia, actuel-lement Anglone, était peu éloignée deses murs, et, privés que nous sommesd’en contempler les restes, nous jouis-sons du moins d’en voir le site enchan-teur, et les campagnes aussi vastes qu’el-les sont riantes et fécondes ! L’air y estimprégné de l’esprit des fleurs, et touty révèle la magnificence de la nature.Le fraxinusornus, oufrêne àla manne,s’y fait remarquer parmi les palmiers ,les orangers et les opuntia, et les plainesde Sennaar, où ce fruit médicinal nour-ritles Hébreux,ne sont pas plusfertiles,
Des débris d’aquéducs, de tombeauxet de colonnes, jonchent à vingt millesde ces lieux le sol de toutes parts : cesont les ruines de Sybaris , à la fois glo-rieusement et honteusement célèbre.
Assise aux bords d’un fleuve qui por-tait son nom, Sybaris , la plus anciennecolonie des Grecs dans l’Italie , comp-tait vingt-cinq cités dans le territoire desa république , commandait à quatrepeuples différens, et entretenait unearmée de trois cent mille hommes ;mais ce qui reste de sa puissance, per-due par le luxe, la mollesse, la cor-ruption, n’est qu’un étroit espaced’historique poussière que nous fran-chissons pour nous transporter dans